Comment fonctionnent les tarifs réglementés de l'électricité d'EDF (ou « tarif bleu ») ? Qui les propose ? Quelles sont les offres disponibles ? Par qui les tarifs sont-ils fixés ? Peuvent-ils changer ? Vont-ils disparaître ?

Qu'est-ce que le tarif réglementé de l'électricité ?

Les tarifs réglementés de l'électricité, aussi appelés « Tarifs bleus » ou « Tarifs réglementés de vente » (TRV), sont des tarifs définis par les pouvoirs publics et qui sont pratiqués par l'opérateur historique EDF, mais également par quelques entreprises locales de distribution (ELD).

Les tarifs bleus étaient, jusqu'au 1er juillet 2007, la seule offre disponible pour les clients particuliers français. L'ouverture du marché électrique à la concurrence à partir de cette date et l'arrivée d'opérateurs alternatifs ont vu l'émergence « d'offres de marché », dont les tarifs évoluent librement selon le marché et selon les opérateurs.

Depuis cette date :

  • EDF reste la seule entreprise (avec les ELD) qui peut proposer des offres au tarif réglementé à ses clients particuliers
  • Mais EDF propose également des offres de marché (par exemple « Vert Electrique » ou « Zen électrique »)
  • Tous les autres fournisseurs d'électricité ne peuvent proposer que des offres de marché

Au 31 décembre 2025*, 19,54 millions de sites résidentiels étaient soumis au tarif réglementé, soit près de 55,8% des ménages français. Ce nombre est en baisse de 637 000 clients en 2025, par rapport à 2024.

* Selon l'observatoire des marchés de détail du quatrième trimestre 2025, publié par la Commission de régulation de l'énergie

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Comment se décompose le tarif réglementé de l'électricité ?

Le tarif réglementé est composé de 2 parties distinctes :

  • Un abonnement annuel, dont le tarif dépend du niveau de puissance installée sur votre compteur, c'est-à-dire la puissance maximale (exprimée en kVA, kilovoltampère) utilisable au même moment dans votre logement. Pour les particuliers, les abonnements possibles vont de 3 kVA (pour les petits logements sans appareil électrique énergivores), à 36 kVA, même si la plupart des logements sont entre 3 et 9 kVA. Cet abonnement reste fixe, que vous consommiez ou non de l'électricité durant l'année.
  • Le coût de la consommation d'électricité : exprimé cette fois en kilowattheure (kWh).

Le prix de l'abonnement et de l'électricité consommée dépend de la formule, appelée « option » par EDF, choisie par le client. En effet, trois formules sont disponibles, qui dépendent du type de consommation des clients et de leur équipement électrique :

L'option « Base »

Avec l'option base, le prix du kilowattheure est toujours le même quelle que soit l'heure de consommation. Avantage : le client n'a pas à se poser de question sur sa consommation. En revanche, il n'optimise pas cette consommation. Depuis le 1er février 2025, il n'est plus possible de souscrire à l'option base pour les compteurs dont la puissance est supérieure à 6 KVA.

Tarif réglementé de l'électricité à compter du 1er février 2026 (barème TTC) - option Base
Puissance du compteurAbonnement mensuelPrix par kWh
3 kVA12,03 €0,1940 €
6 kVA15,65 €
9 kVA*19,56 €0,1927 €
12 kVA*23,32 €
15 kVA*26,84 €
18 KVA*30,49 €
24 KVA*38,24 €
30 KVA*45,37 €
36 KVA*52,54 €

*Pour les puissances de 9 à 36 kVA, il n'est plus possible de souscrire à l'option Base du TRVE.

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L'option « heures creuses / heures pleines »

Avec l'option « heures creuses / heures pleines », le client a la possibilité de payer moins cher son électricité durant la nuit (en général, entre 22h et 6h du matin). En revanche, l'abonnement comme le prix du kilowattheure en heures pleines sont plus élevés que pour l'option base. Cette offre est destinée aux clients ayant la possibilité d'utiliser une partie de leurs appareils électriques durant la nuit (par exemple ballon d'eau chaude, lave-linge, lave-vaisselle...). A noter que cette offre n'est pas ouverte aux particuliers disposant d'une puissance installée de seulement 3 kVA.

Tarif réglementé de l'électricité à compter du 1er février 2026 (barème TTC) - option heures creuses
Puissance du compteurAbonnement mensuelPrix par kWh
Heures pleinesHeures creuses
3 kVA(non disponible)
6 kVA15,65 €0,2065 €0,1579 €
9 kVA19,56 €
12 kVA23,32 €
15 kVA26,84 €
18 KVA30,49 €
24 KVA38,24 €
30 KVA45,37 €
36 KVA52,54 €
© MoneyVox

L'option « Tempo »

Enfin, avec l'option « Tempo », le tarif de l'électricité varie selon les jours de l'année. L'objectif est d'inciter les gros clients - les particuliers dont la puissance installée est comprise entre 6 et 36 kVA - à limiter leur consommation les jours de forte demande d'électricité, et au contraire de leur permettre de moins se limiter quand le réseau est moins sollicité. Dans ce but, 3 types de journées - de la moins chère à la plus chère : bleues, blanches et rouges - ont été mises en place, qui comprennent chacunes des heures creuses (de 22h à 6h le lendemain) et des heures pleines. Ce qui fait donc 6 tarifs possibles pour l'électricité consommée.

Tarif réglementé de l'électricité à compter du 1er février 2026 (barème TTC) - option Tempo
Puissance du compteurAbonnement mensuelPrix par kWh
Heures pleinesHeures creuses
3 kVA(non disponible)
6 kVA15,59 €0,1612 € (bleu)
0,1871 € (blanc)
0,7060 € (rouge)
0,1325 € (bleu)
0,1499 € (blanc)
0,1575 € (rouge)
9 kVA19,38 €
12 kVA23,07 €
15 kVA26,47 €
18 KVA30,04 €
30 KVA44,73 €
36 KVA52,42 €

EDF garantit à ses clients, chaque année, 300 jours Tempo bleu ; 43 jours Tempo blanc ; et 22 jours Tempo rouge. L'information sur la couleur appliquée chaque jour peut se retrouver de plusieurs manières : sur le compteur, si celui-ci est communicant (Linky) ; sur le site internet d'EDF, ainsi que sur son serveur téléphonique, son application mobile, ou via la mise en place d'alertes email ou SMS.

Comment sont fixés les tarifs réglementés de l'électricité ?

Les tarifs réglementés sont fixés par les pouvoirs publics. En l'occurrence, par les ministres chargés de l'Economie et de l'Energie, après proposition de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), organisme en charge du bon fonctionnement des marchés du gaz et de l'électricité.

Ils sont réévalués 2 fois par an, en février et en août. Sont impactés selon les préconisations de la CRE : le montant du TURPE (tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité), ou celui des taxes qui s'appliquent au tarif réglementé, et/ou le tarif du kilowattheure, comme l'accise sur l'électricité, aussi appelée TICFE (Taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité) ou Contribution au service public de l'électricité (CSPE).

Cette réévaluation n'est pas arbitraire : elle prend en compte tout un ensemble de facteurs – prix de l'énergie sur le marché de gros, taxe, état de la concurrence, etc. – et a pour objectif de permettre le maintien et la modernisation du réseau électrique et de ses acteurs.

Cette règle du jeu est fixée par l'article 337-6 du Code de l'énergie, qui dispose que « les tarifs réglementés de vente d'électricité sont établis par addition des coûts d'approvisionnement au prix de marché, de la garantie de capacité, des coûts d'acheminement de l'électricité et des coûts de commercialisation ainsi que d'une rémunération normale de l'activité de fourniture ».

Du changement en 2026

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la donne a changé pour le calcul du tarif réglementé de vente, avec la suppression de l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique. Ce dispositif influait sur la fourniture, c'est-à-dire l'approvisionnement en électricité (un tiers de la facture environ).

Concrètement, un peu moins de la moitié de l'électricité était vendue au prix avantageux de 42 euros le MWh, pour que les consommateurs bénéficient de la production du parc nucléaire.

Le reste du coût de la fourniture dépendait de la moyenne des prix sur les marchés de gros des deux dernières années. Depuis la fin de l'Arenh, seule cette dernière composante a été conservée et EDF peut vendre librement la totalité de sa production d'électricité nucléaire sur les marchés.

Il existe un système pour protéger les consommateurs en cas de forte hausse des prix. Le Versement nucléaire universel (VNU) prévoit de taxer les revenus d'EDF, si la vente d'électricité nucléaire est beaucoup plus lucrative que les coûts de production des centrales nucléaires historiques. Ce mécanisme est toutefois critiqué.

Si je quitte le tarif réglementé... pourrais-je y retourner ?

Pour les clients particuliers ayant quitté les tarifs réglementés d'EDF pour une offre de marché d'un opérateur alternatif (TotalEnergies, ENI, Vattenfall...) il est toujours possible d'y retourner. C'est le principe de réversibilité, qui veut qu'il suffit de souscrire à une offre « Bleu » auprès d'EDF pour pouvoir revenir au tarif réglementé.

Une exception cependant à ce principe : les abonnements aux puissances de 9 à 36 kVA sur l'option « Base » ne sont plus ouverts à la souscription, les clients quittant ces offres ne pourront plus y retourner.

Les tarifs réglementés de l'électricité vont-ils disparaître ?

Contrairement aux tarifs réglementés du gaz, qui ont disparu au 1er juillet 2023, aucun projet de suppression des tarifs réglementés de l'électricité n'est à l'ordre du jour. Fin 2024, le débat avait refait surface : la Commission de régulation de l'énergie défendait le maintien des TRV pendant 5 ans supplémentaires, alors que l'Autorité de la concurrence plaidait pour leur disparition dans un rapport. Finalement, les pouvoirs publics ont demandé le maintien dans un rapport d'évaluation des ministres chargés de l'économie et de l'énergie destiné à la Commission européenne.

Maxime CHIPOY
Maxime CHIPOY

Diplômé de Sciences-po Paris et d'un Master de droit économique, Maxime CHIPOY a commencé comme consultant en stratégie pour le secteur financier,... Lire la suite

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