Le 24 mars dernier, l'Insee dévoilait sa première note de conjoncture depuis le déclenchement du conflit opposant l'Iran à Israël et aux États-Unis au Moyen-Orient. Sans surprise, les perturbations qu'il entraîne sur l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, notamment, est de nature à relancer l'inflation, annonçait l'institut statistique.

Confirmation aujourd'hui, jeudi 30 avril : selon l'estimation provisoire de l'Insee, l'indice des prix à la consommation en avril progresse de 2,2% sur un an, contre 1,7% attendu. Sur le 1er semestre, la hausse des prix pourrait dépasser 1,50%, en moyenne, contre 1,17% envisagée avant le début de la guerre.

De 1,50% à 1,70%, voire 1,80% ?

C'est cette hausse de l'inflation semestrielle qui pourrait entraîner un rebond du taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) plus fort qu'attendu. Dans la conjoncture actuelle, il pourrait ainsi remonter de 1,50% actuellement à 1,70% au 1er août prochain. Voire 1,80% dans le scénario, probable, d'une accélération de l'inflation en mai et juin. Le taux du LEP, lui, passerait alors de 2,50% à 2,70% ou 2,80%, si le gouvernement maintenait son choix de lui donner un avantage d'un point par rapport au Livret A.

L'ampleur de la hausse, qui restera quoi qu'il en soit modeste, dépendra aussi des choix de politique monétaire de la Banque centre européenne (BCE). Son taux de dépôt influence directement le taux court interbancaire €ster, dont l'évolution est également prise en compte dans la formule de calcul du taux du Livret A. Ce taux de dépôt est stable depuis juin 2025 et le restera au moins jusqu'au 11 juin, date de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de l'institution. Mais le retour de l'inflation et l'instabilité économique liés au conflit pourrait, à terme, la convaincre de le relever.

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Sous réserve de l'aval du gouvernement

Cette éventuelle hausse des taux du Livret A, du LDDS et du LEP, toutefois, ne sera pas automatique. Elle devrait aussi recevoir l'aval du gouvernement. Ce dernier, en effet, conserve (et exerce fréquemment) le pouvoir de déroger à l'application de la formule de calcul. Or, selon l'économiste Philippe Crevel, il pourrait choisir de « ne pas relever le taux du Livret A, considérant que la hausse des prix ne serait que temporaire, le prix du pétrole et du gaz revenant à leur niveau d'avant le conflit assez rapidement après la cessation des hostilités ».

Avec « une inflation qui a tendance à remonter », la Caisse des dépôts et consignations, qui gère près de 60% de l'encours de l'épargne réglementée, « s'attend quand même plutôt à ce que le taux du Livret A remonte » d'ici la fin de l'année, a expliqué début avril, son directeur adjoint, Antoine Saintoyant.

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