Les derniers chiffres de l'Insee, parus ce mardi 5 mai, montrent un écart spectaculaire entre propriétaires et locataires. Selon les données Filosofi, le taux de pauvreté atteint 30,6% chez les locataires, contre seulement 6,7% chez les propriétaires. À titre de comparaison, le taux de pauvreté moyen en France s'établit à 15,9%.
Autrement dit, près d'un locataire sur trois vit sous le seuil de pauvreté, contre moins d'un propriétaire sur dix. Le niveau de vie médian illustre lui aussi ce fossé : il atteint 29 420 euros par an chez les propriétaires, contre 19 960 euros chez les locataires, soit près de 9 500 euros d'écart annuels.
Un poids du logement beaucoup plus important chez les locataires
Ces différences s'expliquent en partie par le poids du logement dans le budget des ménages. Dans plusieurs études sur les dépenses contraintes, l'Insee souligne que les ménages locataires consacrent une part nettement plus importante de leurs revenus au logement que les propriétaires, en particulier une fois les emprunts immobiliers remboursés. L'organisme rappelle aussi que les dépenses dites « pré-engagées » (loyers, charges, énergie ou assurances) pèsent davantage sur les ménages modestes.
Même constat du côté de la Banque de France. Dans ses analyses sur les conditions d'accès au crédit immobilier, l'institution observe que la forte remontée des taux depuis 2022 a réduit la capacité d'emprunt des ménages les plus modestes. De nombreux candidats à l'achat ont ainsi été exclus du marché immobilier, faute d'apport ou de revenus suffisants pour respecter les critères bancaires imposés par le HCSF.
Cette fracture se retrouve aussi selon l'âge. Les jeunes ménages, plus souvent locataires, disposent généralement d'un patrimoine plus faible et de revenus inférieurs à ceux des retraités propriétaires de longue date, régulièrement mis en avant dans les publications de l'Insee sur le patrimoine et les niveaux de vie.