Tout ce qui change en 2026
L'année 2026 n'est pas synonyme de grand boulversement fiscal. « Peu de nouveautés sont à prévoir dans cette déclaration 2026 », confirme Sandra Demarcq, secrétaire générale du syndicat Solidaires finances publiques, le premier syndicat de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Barème revalorisé. La loi de finances pour 2026 a, comme en 2025, été adoptée et donc promulguée tardivement, courant février. Comme l'an passé, cela ne remet pas en cause la revalorisation annuelle du barème progressif, de 0,9% cette année.
| Tranche de revenu par part fiscale | Taux applicable pour la tranche |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0% |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11% |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30% |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41% |
| Plus de 181 917 € | 45% |
Source : loi de finances pour 2026, adoptée par voie de 49-3 le 2 février 2026
Réduction d'impôt « Coluche ». Le doublement du plafond des dons dits « Coluche » figure bien dans version initiale du budget 2026. Cette mesure vous permettra de déclarer jusqu'à 2 000 euros de dons aux associations d'aide aux plus démunis, pour une réduction à 75% culminant potentiellement à 1 500 euros. Attention : elle ne s'applique que pour les dons réalisés aux associations éligibles à partir du 14 octobre 2025. La déclaration va donc intégrer une notion de date (avant ou après le 14 octobre).
Dons Coluche : 3 questions cruciales sur cette réduction d'impôt qui a augmenté
Nouvelle obligation pour le crédit d'impôt emploi à domicile. Si vous faites partie des plus de 5 millions de foyers déclarant chaque année le salaire d'un employé à domicile ou les factures d'un organisme prestataire de services à la personne, alors vous allez percevoir une évolution. Sur les évolutions 2026 du formulaire de déclaration, Sandra Demarcq confirme qu'il s'agit là de la principale nouveauté à anticiper : « On peut effectivement noter cette nouvelle obligation de déclarer l'organisme prestataire ou l'employé pour bénéficier du crédit d'impôt emploi à domicile. Cela va dans le bon sens », juge cette représentante syndicale. « C'est un crédit d'impôt qui coûte extrêmement cher à l'Etat, bénéficie en priorité aux contribuables aisés et qui peut être source de fraude. »
Impôt sur le revenu : une nouvelle case dans la déclaration 2026... qui avait été oubliée en 2025
Contribution différentielle sur les hauts revenus. L'an passé, la toute nouvelle CDHR n'apparaissait pas dans la déclaration. Elle a donné lieu à une déclaration sur l'honneur de la part des foyers fortunés concernés, fin 2025. Ils ont réglé un acompte, lequel sera pris en compte dans cette déclaration 2026, afin de ne leur réclamer que le solde l'été prochain.
Tout ce qui ne change pas, au final, en 2026
Les débats parlementaires du budget 2026, assez chaotiques, ont facilement pu vous embrouiller l'esprit. Certaines mesures ont ainsi été adoptées par l'Assemblée, ou par le Sénat... avant de passer aux oubliettes. Voici ce qui ne change pas, au final.
Abattement de 10% pour les retraités. Sujet récurrent et plus que jamais au centre des discussions parlementaires à l'automne dernier, la suppression de cet abattement pour les retraités (ou sa transformation en un forfait de 2 000 euros) a finalement été abandonné. Du moins pour l'instant.
Exonération des pourboires. Cette mesure temporaire a été prorogée jusqu'en 2028. La case dédiée de la déclaration va donc restée inchangée en 2026.
Frais de scolarité des enfants. La projet initial de budget 2026 prévoyait de supprimer la réduction d'impôt sur le revenu pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur : au final, rien ne change. Cette réduction est maintenue.
Exonération d'impôt pour les indemnités journalières pour ALD. Là encore, l'idée de fiscaliser les indemnités journalières pour affections de longue durée a été en discussion au Parlement lors des débats sur le budget 2026. Finalement, la mesure ne figure pas dans la version définitive de la loi de finances : l'exonération est maintenue.
Ce qui ne change pas encore (pas dès la déclaration 2026)
Hausse de la CSG sur les revenus de placement (à une exception près...). La hausse de 9,2% à 10,6% pour les revenus du capital (à l'exception de l'assurance vie, de l'épargne logement, etc.) ne sera effective que sur les intérêts et dividendes de l'année 2026. Pas de changement sur la déclaration 2025, donc, mis à part pour les plus-values mobilières (bourse, crypto, etc.) et les locatifs meublés. À guetter à la mise en ligne de la brochure pratique du fisc.
Dispositif d'incitation à l'investissement locatif « Jeanbrun ». Ce nouveau dispositif fiscal ne va s'appliquer qu'aux biens immobiliers acquis ou construits à partir du le 21 février 2026. Pas de changement dès la déclaration 2026, donc.
La fin de la déduction fiscale pour les PER après vos 70 ans. Cette mesure du budget 2026 entre en vigueur au 1er janvier 2026. Ce n'est que dans la déclaration 2027 sur les revenus 2026 qu'elle prendra effet. Les versements réalisés en 2025 sur un plan d'épargne retraite, même après vos 70 ans, vous ouvrent droit à la déduction fiscale.
L'option « au barème » ou PFU n'est plus irrévocable. Jusqu'ici, pour la flat tax (ou PFU), une fois la déclaration de revenus validée et la période de correction passée, l'épargnant n'avait plus la possibilité de changer son option d'imposition. La loi de finances pour 2026 casse cette irrévocabilité, pour ceux qui veulent revenir sur leur choix lors du délai de réclamation de 3 ans. Toutefois, du fait de l'adoption tardive du budget 2026, la mesure n'est pas censée s'appliquer aux revenus 2025 à déclarer ce printemps... sauf si l'administration fiscale et le gouvernement prennent une disposition pour l'imposition des gains 2025 pour compenser ce délai de mise en œuvre.
* Date limites de déclaration 2026 des revenus 2025
INFO MONEYVOX. Les dates limites de la déclaration 2026