Entre avril et juin, cet indicateur clé de la rentabilité a atteint 4,87 milliards d'euros, en progression de 10,6% sur un an, et dépassé les attentes des analystes. Le chiffre d'affaires du rival d'Axa a totalisé 45,6 milliards d'euros, en hausse annuelle de 2,5%. L'ensemble des métiers du groupe a contribué à cette hausse, avec une performance particulièrement forte de la gestion d'actifs (+17%).
Le résultat net part du groupe a quant à lui atteint 2,6 milliards d'euros, en repli de 8,7% sur un an, mais ressort en hausse de 10% ajusté du gain réalisé l'an dernier sur la cession de participations dans des coentreprises indiennes. La principale contribution est venue de la branche dommages, affichant un bénéfice d'exploitation de 2,46 milliards d'euros, en hausse de 7% sur un an.
Cette progression s'explique notamment par les faibles remboursements liés aux catastrophes naturelles, à 259 millions d'euros, représentant 1,3% des primes, contre 277 millions d'euros un an plus tôt. Allianz a confirmé être en bonne voie de réaliser sur l'année un bénéfice d'exploitation de 17,4 milliards d'euros, avec une marge de variation de plus ou moins 1 milliard d'euros, selon un communiqué.
Poids des incendies
Et ce même si le second semestre 2026 est déjà marqué par des incendies majeurs dans plusieurs pays européens, notamment la France et l'Espagne, illustration de l'aggravation durable du risque de feux de forêt sous l'effet du changement climatique.
Le patron de l'assureur munichois, Oliver Bäte, s'attend logiquement à davantage de remboursements de sinistres au cours de l'été, et pas seulement en raison des incendies. Sans avancer de montant, il a estimé lors d'une conférence de presse que l'activité liée « aux incendies et aux tempêtes » au troisième trimestre serait « certainement plus importante qu'au premier semestre », ajoutant : « Nous le constatons déjà tous les jours à la télévision. »
« Je pense que vous allez voir pourquoi le secteur de l'assurance est là », a-t-il souligné. Alors que se pose la question de la couverture d'assurances des particuliers et entreprises face à des catastrophes majeures, comme les incendies, M. Bäte a pointé le « principal déficit de protection » qui tient selon lui « au manque de résilience des infrastructures publiques et de préparation face à ces incendies ».
En Europe, « les avions bombardiers d'eau déployés représentent probablement moins de 20% des capacités nécessaires », a-t-il cité en exemple. L'augmentation des risques climatiques pose également la question de l'assurabilité de certaines zones particulièrement exposées aux incendies ou aux inondations et où « le risque est devenu tellement élevé, parce que des bâtiments ont été construits aux mauvais endroits, que ces risques deviennent tout simplement inassurables », a-t-il expliqué.
Les niveaux actuellement au plus bas des fleuves, surtout le Rhin, illustrent aussi les limites de l'assurance face à certains risques climatiques : selon la fédération allemande du secteur (GDV), les pertes liées aux retards d'approvisionnement ou à la hausse des coûts de transport ne sont généralement pas couvertes.