Vers 10H, heure de Paris, le CAC 40 reculait de 1,12% à 7 981,94 points, en baisse de 90,19 points. La veille, l'indice vedette parisien avait terminé en repli de 0,39%.

« L'incertitude remonte » alors que « les prix du pétrole repartent à la hausse, pour atteindre de nouveaux sommets », résume Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. Le Brent, la référence mondiale du pétrole, évolue autour de son plus haut niveau depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a deux mois : il a dépassé les 126 dollars dans la nuit, un sommet depuis début 2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine avait provoqué une flambée des cours.

Vers 10H, la pression retombait quelque peu, mais les prix restaient à un très haut niveau. Le Brent, référence européenne, grimpait de 3,40% à 122,04 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, prenait 1,50% à 108,48 dollars le baril. Cette « envolée du pétrole ravive les craintes inflationnistes », estime John Plassard, de la banque privée Cité Gestion.

Le taux d'intérêt de la dette français à échéance dix ans restait stable, à des niveaux historiquement hauts. Il atteignait 3,77% à 10H, au même niveau que la veille.

Les investisseurs seront dans ce contexte particulièrement attentifs jeudi à la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne, et au discours de sa présidente Christine Lagarde, qui devrait apporter des commentaires sur les risques d'inflation en zone euro. Une hausse des taux n'est pas attendue par les analystes.

Cette actualité a même « éclipsé les solides résultats des géants technologiques américains », relevé John Plassard. Plusieurs grands noms de la tech, à savoir Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta, ont présenté leurs publications du premier trimestre, dans un contexte de retour du doute sur les investissements dans l'intelligence artificielle depuis quelques jours sur les marchés.

Les valeurs bancaires souffrent

Autre point d'intérêt majeur des investisseurs : la saison des résultats d'entreprises qui bat son plein sur la place parisienne. Les groupes bancaires français cédaient du terrain après leurs résultats. BNP Paribas perdait 4,33% à 86,58 euros, après des résultats « mitigés », selon les analystes de Jefferies, malgré un bénéfice net record de 3,2 milliards d'euros, en hausse de 9%.

Société Générale cédait 4,99% à 67,45 euros, après une hausse de son bénéfice net de 5,5% à 1,7 milliard d'euros, après des résultats « décevants » pour sa banque d'investissement, notamment dans les revenus « liés aux taux d'intérêt », toujours selon Jefferies. Crédit Agricole perdait de son côté 6,18% à 16,16 euros. L'entité cotée du groupe Crédit Agricole S.A. (Casa) a affiché un bénéfice de 1,67 milliard d'euros (+1,8% sur un an), contre 1,71 milliard d'euros anticipés par le consensus des analystes cités par Bloomberg.

Technip Energies pénalisé par la guerre

Le groupe Technip Energies perdait 8,93% à 36,72 euros, après avoir annoncé jeudi une baisse de près de 18% de son bénéfice net au premier trimestre, pénalisé par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur ses chantiers.

Michelin plombé, Capgemini salué

Le fabricant français de pneumatiques Michelin (-2,41% à 30,40 euros) a enregistré au premier trimestre des ventes en baisse de 5,4% à 6,2 milliards d'euros, recul qu'il impute aux effets de change, selon ses résultats publiés mercredi soir.

Le géant français de l'informatique Capgemini (+1,85% à 104,60 euros) a lui vu ses ventes accélérer au premier trimestre, malgré un effet de change défavorable, selon un communiqué publié jeudi.