Une simple lettre qui peut avoir de lourdes conséquences. Désormais opposable, le diagnostic de performance énergétique (DPE) peut conditionner la mise en location d'un logement, empêcher une hausse de loyer ou encore peser sur le prix d'un bien lors de sa vente.
Or, les évolutions successives de son mode de calcul ne simplifient pas la situation. Comme le rappellent Les Echos, le coefficient permettant de convertir la consommation d'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 et doit encore diminuer à 1,7 au 1er janvier 2027. Une évolution qui permet à certains logements chauffés à l'électricité d'améliorer leur classement sans réaliser de travaux.
Des conséquences directes sur les loyers
Dans le même temps, les contraintes pesant sur les passoires thermiques demeurent. Les logements classés G sont considérés comme non décents depuis le 1er janvier 2025. Ce sera le cas des logements F à partir de 2028, puis des E en 2034.
Pour les propriétaires bailleurs, l'enjeu est loin d'être théorique. Les logements F et G sont déjà soumis à un gel des loyers : impossible notamment d'appliquer la révision annuelle du loyer en cours de bail. Et un locataire peut saisir la justice en invoquant l'indécence énergétique de son logement. Le juge peut alors ordonner des travaux, diminuer le loyer ou suspendre son paiement jusqu'à leur réalisation, explique aux Echos Reda Kohen, avocat au barreau de Paris.
Un propriétaire dont le logement électrique bénéficie d'un meilleur classement a donc tout intérêt à obtenir l'attestation correspondant à sa nouvelle étiquette avant une relocation ou une révision de loyer.
Jusqu'à 15 000 euros d'indemnisation
Les vendeurs ne sont pas épargnés. Depuis juillet 2021, le DPE est opposable à l'acheteur. Une erreur peut donc déboucher sur une procédure contre le diagnostiqueur.
Les Echos citent notamment une décision du tribunal judiciaire d'Angers du 12 mars 2026 : un acquéreur a obtenu 15 000 euros d'indemnisation après avoir découvert que sa maison, présentée comme classée C, relevait en réalité de la classe E, en raison d'erreurs concernant notamment l'isolation et la surface du logement.
De quoi inciter les propriétaires à vérifier attentivement les informations transmises au diagnostiqueur et, surtout, à disposer d'un DPE à jour au moment de vendre ou de louer leur bien.
