Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue la performance énergétique d'un bien immobilier à travers différentes données récoltées par un professionnel agréé. Ce document, payant, est obligatoire en cas de vente ou de mise en location d'un logement, même si sa fiabilité est parfois remise en cause.

L'essentiel

  • Le DPE est un document obligatoire pour la vente d'un logement ou sa mise en location, sauf exceptions.
  • Il doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié.
  • Son tarif n'est pas réglementé et varie selon les professionnels.
  • Il est valable pendant 10 ans, sauf pour certains anciens diagnostics.

Qu'est-ce que le DPE ?

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est le document de référence qui évalue la performance énergétique et climatique d'un logement. Il s'appuie notamment sur les caractéristiques du bâtiment, son isolation et ses équipements de chauffage, de production d'eau chaude, de ventilation ou encore de refroidissement.

Le DPE a été introduit dans la législation française à partir de 2004 et mis en place en 2006. Il a depuis connu plusieurs évolutions, dont une réforme importante en 2021 destinée à rendre le diagnostic plus fiable, plus complet et plus lisible.

Depuis cette réforme, le DPE attribue une étiquette Énergie et une étiquette Climat, chacune allant de A à G. Le classement énergétique tient compte à la fois de la consommation d'énergie primaire du logement et de ses émissions de gaz à effet de serre.

Le DPE indique également une estimation de la consommation d'énergie du logement et du montant théorique des dépenses énergétiques. Ces données sont calculées selon une méthode conventionnelle : elles ne correspondent donc pas nécessairement aux factures réellement payées par les occupants.

Le document comporte enfin des recommandations destinées à améliorer la performance énergétique du logement. Elles donnent notamment des indications sur les travaux susceptibles d'améliorer son classement.

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Que signifient les lettres A à G ?

L'étiquette énergétique classe les logements de A, pour les plus performants, à G, pour les plus énergivores. Les logements classés F et G sont généralement qualifiés de passoires énergétiques.

La lettre affichée ne permet toutefois pas, à elle seule, de connaître le montant exact des futures factures d'énergie. La consommation réelle dépend notamment de l'usage du logement, du nombre d'occupants et des habitudes de chauffage.

Comment est établi un DPE ?

Lors de la réalisation d'un DPE, le diagnostiqueur va d'abord s'intéresser à l'enveloppe du logement : type de vitrage, présence d'entrée d'air, de volets intérieurs ou extérieurs, portes...

L'épaisseur des murs et la présence d'un isolant sont pris en compte, aussi bien pour les murs, les sols ou le plafond. Le système de ventilation, de chauffage, la présence ou non de radiateurs, d'un thermostat, sont autant de données qui rentrent en compte lors de la réalisation du DPE. Le calcul de toutes les données récoltées permet l'attribution des deux lettres, allant de A à G, l'une pour la consommation énergétique, l'autre pour les émissions de gaz à effet de serre.

Le DPE a pour principal objectif d'informer sur la performance énergétique des bâtiments. Il affiche le bilan annuel des consommations de chauffage, d'eau chaude sanitaire, de refroidissement, d'éclairage et des auxiliaires. Il contient aussi une estimation des émissions de gaz à effet de serre associée aux consommations des 5 usages précédents.

Suite aux nombreuses critiques concernant le DPE, le Gouvernement annoncé le 9 juillet 2025 une réforme de la méthode de calcul du DPE à compter du 1er janvier 2026. L'objectif ? Refléter plus exactement le « mix énergétique français » et corriger les inégalités de traitement que subissent les logements chauffés à l'électricité dès début 2026.

Dans quels cas le DPE est-il obligatoire ?

Le DPE est obligatoire dans de nombreux cas lors de la vente ou de la mise en location d'un logement. Il doit être réalisé à l'initiative du propriétaire vendeur ou bailleur.

Vente d'un logement

Le vendeur doit disposer d'un DPE valide et le tenir à la disposition des acquéreurs dès la mise en vente. Le diagnostic est ensuite intégré au dossier de diagnostic technique (DDT) remis à l'acquéreur.

Il n'est pas nécessaire de refaire systématiquement un DPE à chaque vente : un diagnostic encore valide peut être utilisé. Il est toutefois important de vérifier sa date de validité et, lorsque le logement est concerné, de tenir compte des éventuelles attestations de nouvelle étiquette liées aux évolutions du calcul.

Location d'un logement

Le bailleur doit également fournir un DPE valide pour informer les candidats à la location sur la performance énergétique et climatique du logement.

Le diagnostic n'a pas à être refait à chaque changement de locataire s'il est toujours valable. La réalisation de travaux ne rend pas automatiquement le DPE caduc. En revanche, après une rénovation, le propriétaire peut avoir intérêt à faire établir un nouveau diagnostic pour tenir compte des caractéristiques actualisées du logement.

Les annonces immobilières doivent notamment faire apparaître les classes Énergie et Climat et, pour les logements concernés, la mention relative à la consommation énergétique excessive. Elles doivent également comporter une estimation des dépenses annuelles d'énergie.

Il existe des exceptions. Certains logements ne sont notamment pas concernés, comme les logements indépendants dont la surface de plancher est inférieure à 50 m² ou certains biens destinés à être occupés moins de quatre mois par an. Les monuments historiques classés ou inscrits font également partie des principales exceptions.

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Combien coûte un DPE ?

Le coût du DPE est à la charge du vendeur, ou du bailleur dans le cas d'un diagnostic pour une mise en location. Selon l'agence de la transition écologique (Ademe), le tarif du DPE varie entre 100 et 250 euros. Le prix peut varier en fonction de la surface du logement, de sa localisation ou encore de la complexité du logement. Le tarif n'étant pas règlementé, il peut varier d'un professionnel à l'autre. Il est donc conseillé de faire des devis chez plusieurs diagnostiqueurs.

Combien de temps un DPE est-il valable ?

Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables 10 ans. Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 inclus ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Les diagnostics réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 ne sont plus valables depuis le 31 décembre 2022.

Mais pas besoin de faire des calculs compliqués pour savoir jusqu'à quelle date court la validité de votre DPE. Sur ce document, vous trouverez la mention « Valable jusqu'au... ».

Le DPE doit également être enregistré auprès de l'Ademe et disposer d'un numéro d'identification. Sans ce numéro, le diagnostic n'est pas valable. Il est possible de vérifier l'existence et les informations relatives à un DPE sur le site de l'Agence de la transition écologique (Ademe).

DPE et petites surfaces : quelles règles pour les logements de 40 m2 ou moins ?

Depuis le 1er juillet 2024, les seuils des étiquettes du DPE ont été adaptés pour les logements dont la surface de référence est inférieure ou égale à 40 m2. Cette évolution vise notamment à mieux prendre en compte les particularités des petites surfaces, dont la consommation d'eau chaude sanitaire peut peser davantage dans le calcul rapporté au mètre carré.

Les propriétaires concernés peuvent obtenir gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur le site de l'Ademe. Cette attestation remplace l'étiquette initiale du DPE lorsque le classement a été modifié par la réforme.

Il n'est donc pas nécessaire de refaire systématiquement un DPE pour bénéficier de cette nouvelle étiquette.

DPE 2026 et 2027 : quels changements ?

Le calcul du DPE a évolué au 1er janvier 2026 pour mieux prendre en compte les spécificités de la production d'électricité en France. Le coefficient de conversion de l'électricité utilisé pour calculer la consommation d'énergie primaire d'un logement est ainsi passé de 2,3 à 1,9. Cette modification peut donc améliorer le classement énergétique de certains logements chauffés à l'électricité, sans qu'aucun travaux ne soit nécessaire.

Une nouvelle évolution est déjà prévue : à compter du 1er janvier 2027, le coefficient sera abaissé de 1,9 à 1,7. L'objectif est de mieux refléter le contenu carbone et le mix électrique français dans le calcul du DPE et de réduire le biais défavorable dont pouvaient souffrir certains logements utilisant l'électricité comme énergie de chauffage.

Quels logements sont concernés ?

Cette évolution concerne principalement les logements dont la consommation d'énergie repose en partie ou largement sur l'électricité, notamment ceux équipés de radiateurs électriques ou de pompes à chaleur.

La modification du coefficient ne signifie toutefois pas que la consommation réelle du logement diminue. C'est la méthode de calcul du DPE qui évolue.

Que change le passage à 1,7 ?

Une nouvelle évolution est prévue à compter du 1er janvier 2027 : le coefficient de conversion de l'électricité passera de 1,9 à 1,7.

Le passage à 1,7 pourra faire évoluer le classement de certains logements, en particulier ceux chauffés à l'électricité. Un logement pourra donc obtenir une meilleure étiquette énergétique alors que ses équipements et ses consommations réelles n'ont pas changé. Aucun logement ne doit voir son étiquette se dégrader du seul fait de cette évolution.

Les DPE réalisés jusqu'au 31 décembre 2026 resteront valables. Ils pourront toutefois bénéficier, à compter du 1er janvier 2027, d'une mise à jour gratuite et immédiate disponible sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe, sans nécessiter de nouvelle visite d'un diagnostiqueur.

Il ne faut cependant pas considérer qu'un changement de coefficient garantit automatiquement le gain d'une classe DPE : le résultat dépend des caractéristiques propres à chaque logement et de sa consommation conventionnelle.

À compter du 1er janvier 2027, le DPE intégrera également de nouvelles informations, notamment sur la production d'énergies renouvelables du logement, la part de ces énergies dans la consommation et la durée de vie restante des systèmes de chauffage et, le cas échéant, de climatisation.

Une mention « A0 » pourra par ailleurs apparaître pour certains bâtiments considérés comme à émissions nulles, sous réserve du respect des critères prévus par la réglementation.

Que signifie un DPE F ou G ?

Peut-on encore louer un logement F ou G ?

La loi Climat et Résilience prévoit l'interdiction progressive à la location des biens les plus énergivores, considérés comme des passoires thermiques.

Ainsi, depuis le 24 août 2022, il est interdit pour les propriétaires des logements du parc privé classés F et G d'augmenter le loyer de ces biens dans les conditions prévues par la réglementation.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne répondent plus au critère de décence énergétique exigé pour être loués à titre de résidence principale. Le calendrier prévoit ensuite l'exclusion des logements classés F à partir de 2028, puis des logements classés E à partir de 2034.

Cela ne signifie pas qu'un propriétaire d'un logement F ou G est obligé de réaliser immédiatement des travaux ou de vendre son bien. En revanche, les règles de décence énergétique peuvent empêcher sa mise en location ou son renouvellement lorsque le logement ne respecte plus le niveau de performance exigé.

Peut-on vendre un logement F ou G

Oui. Un logement classé F ou G peut être vendu. Le classement énergétique n'interdit pas la vente du bien. En revanche, l'acquéreur doit être informé de la performance énergétique du logement. Dans certains cas, la vente doit également être accompagnée d'un audit énergétique réglementaire (voir plus bas), qui vient compléter le DPE.

Faut-il obligatoirement faire des travaux ?

Non, le DPE ne contraint pas, à lui seul, le propriétaire à réaliser des travaux. Un logement F ou G peut notamment être vendu sans avoir été rénové.

La situation est différente pour la location : à mesure que les échéances de la loi Climat et Résilience entrent en vigueur, un logement qui ne respecte plus les critères de décence énergétique ne peut plus être proposé à la location dans les conditions prévues par la loi.

Le propriétaire peut donc choisir de réaliser des travaux pour améliorer le classement du logement, notamment lorsqu'il souhaite continuer à le louer. Les recommandations figurant dans le DPE restent toutefois indicatives.

DPE le calendrier

Qu'est-ce que l'audit énergétique obligatoire ?

L'audit énergétique réglementaire est un document complémentaire au DPE, exigé lors de la vente de certains logements énergivores. Il ne remplace pas le DPE.

En septembre 2026, il est obligatoire pour la vente d'une maison individuelle ou d'un bâtiment d'habitation en monopropriété classé E, F ou G. L'obligation concerne les logements classés F ou G depuis le 1er avril 2023 et les logements classés E depuis le 1er janvier 2025. Elle sera étendue aux logements classés D à partir du 1er janvier 2034.

L'audit n'est donc pas exigé pour la simple vente d'un appartement situé dans une copropriété.

Son objectif est d'aller plus loin que le DPE en présentant des scénarios de travaux permettant d'améliorer la performance énergétique et environnementale du logement. Il fournit notamment une estimation du coût des travaux et des économies d'énergie attendues ainsi que les principales aides financières mobilisables.

L'audit doit être remis à l'acquéreur potentiel dès la première visite du bien et être intégré au dossier de diagnostic technique.

Qui peut réaliser un DPE ?

Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est établi par un diagnostiqueur immobilier certifié, indépendant et ayant souscrit une assurance professionnelle. Le professionnel doit répondre aux conditions prévues par l'article L. 271-6 du Code de la construction et de l'habitation. Ainsi, « les documents sont établis par une personne présentant des garanties de compétence et disposant d'une organisation et de moyens appropriés. »

Les diagnostiqueurs certifiés sont répertoriés par l'État et disponibles sur l'annuaire des diagnostiqueurs certifiés.

L'article L. 271-6 rappelle que la personne effectuant le DPE « ne doit avoir aucun lien de nature à porter atteinte à son impartialité et à son indépendance ni avec le propriétaire ou son mandataire qui fait appel à elle, ni avec une entreprise pouvant réaliser des travaux sur les ouvrages, installations ou équipements pour lesquels il lui est demandé d'établir l'un des documents mentionnés. » C'est pour cette raison que la personne réalisant le DPE ne peut en principe pas conseiller une entreprise spécifique pour réaliser les travaux préconisés à la suite de la réalisation du DPE.

C'est le diagnostiqueur lui-même qui transmet les résultats du DPE à l'Agence de la transition écologique (Ademe). Cette transmission permet notamment l'attribution du numéro d'identification du diagnostic.

Attention : Un bailleur ou un vendeur faisant appel à un diagnostiqueur non certifié encourt une amende de 1 500 euros, pouvant aller jusqu'à 3 000 euros en cas de récidive. Le diagnostiqueur peut également être sanctionné.

Le DPE est-il fiable ?

Les évolutions du mode de calcul du DPE, notamment en 2021 et le passage à un système à deux notes, devaient apporter plus de fiabilité au diagnostic de performance énergétique. Mais ce dernier est encore loin de faire l'unanimité.

Rénovation énergétique : « Pour un audit énergétique, on est plus pointilleux que pour un DPE »

Dans des enquêtes de mai et septembre 2022, les associations 60 millions de consommateurs et UFC Que Choisir pointaient du doigt la différence de notation pour une même maison en fonction des diagnostiqueurs, cette dernière pouvant parfois présenter jusqu'à deux classes d'écart.

En mars 2025, Valérie Létard, ministre chargée du logement, a dévoilé un plan d'action pour restaurer la confiance dans le DPE. Le 3 juin 2025, la Cour des compte a par ailleurs publié un rapport venant conforter ce plan d'action. Plusieurs mesures sont donc envisagées : une détection automatique des DPE frauduleux, le renforcement des contrôles et des sanctions, ainsi qu'une surveillance accrue des organismes de certification, et un meilleur encadrement de la profession.

Dans ce contexte, la loi du 30 juin 2025 visant à lutter contre les fraudes aux aides publiques, notamment dans le secteur de l'énergie, a été promulguée et plusieurs mesures doivent être mises en place. En 2025, a donc eu lieu la refonte de l'annuaire officiel des diagnostiqueurs et la création de QR codes visant à renforcer le contrôle. Et en 2026, une nouvelle fonctionnalité de géolocalisation devrait voir le jour afin de vérifier la présence effective du diagnostiqueur sur le site pendant la réalisation. Ce dernier point fait encore débat.

Deux arrêtés en date du 16 juin 2025 sont néanmoins déjà parus pour permettre la mise en place de ces QR code. Le premier, figurant sur le certificat de chaque diagnostiqueur, permettra de vérifier que le professionnel est bien certifié et inscrit sur l'annuaire officiel. Le second, quant à lui, figurera sur le diagnostic en lui-même et permettra de vérifier sa validité sur le site internet de l'ADEME.

Par ailleurs, depuis le 1er octobre 2025, il est prévu une suspension quasi-automatique des diagnostiqueurs dépassant certains seuils d'activité (+ 1000 DPE individuels sur une période glissante de 12 mois), sauf justification recevable. Cette mesure vise à préserver la qualité des diagnostics, à garantir que chaque visite soit effectivement réalisée, et à renforcer la confiance dans le DPE.

Romain DESIGNOLLE
Romain DESIGNOLLE

Romain Designolle est diplômé du CFPJ depuis 2017. Après des expériences dans le domaine des Sports et de la locale pour des quotidiens régionaux... Lire la suite

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