Au premier trimestre, tant la demande intérieure que le commerce extérieur avaient pesé sur l'économie, selon l'Insee.
La contraction du PIB avait fait craindre à certains économistes une récession technique, soit deux trimestres consécutifs de recul, sous l'effet de l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient lancé fin février.
Le ministre de l'Economie Roland Lescure avait alors fustigé fin mai les « oiseaux de malheurs » qui annonçaient une récession.
Les prévisions s'étaient éclaircies ensuite, après notamment la signature d'un protocole d'accord le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran, entraînant un reflux des prix de l'énergie et de l'inflation. Celle-ci s'était établie à 1,8% sur un an en juin, marquant nettement le pas après 2,4% en mai.
« Regain temporaire »
Sur le deuxième trimestre, l'Insee table sur un « regain temporaire » de croissance, de 0,3%, lié à une forte production dans des secteurs industriels où les producteurs du Golfe avaient été mis « hors jeu » par la guerre, comme le raffinage ou la chimie.
Elle prévoit que cette « embellie printanière » soit suivie par un troisième et un quatrième trimestres de croissance « médiocre » à 0,1% chacun.
La Banque de France a, elle, relevé début juillet à 0,2% sa prévision de croissance au deuxième trimestre, anticipant une activité tirée par un rebond dans l'industrie et les services marchands. Elle prévoyait au départ une stagnation de l'économie sur la période.
En ligne avec l'Insee et la Banque de France, la plupart des économistes tablent maintenant sur une croissance tournant autour de 0,2% ou 0,3%.
« On devrait avoir une bonne surprise par rapport à ce qu'on attendait encore récemment », avec « un rebond assez marqué au deuxième trimestre », à +0,3%, juge ainsi Anthony Morlet-Lavidalie chez Rexécode.
Dans le détail, cet économiste anticipe « un bon trimestre pour l'industrie française », avec certains secteurs « très en forme » comme la défense, l'aéronautique, le naval, une partie du spatial ou certains biens électroniques et optiques.
« Résilience »
Le secteur des services « continue de très bien se porter » et la reprise des livraisons d'Airbus devrait permettre « un rebond des exportations aéronautiques tout à fait marqué », alors qu'elles avaient baissé au premier trimestre, juge-t-il aussi.
Il reconnaît cependant que, du côté des ménages, « il est possible notamment que la consommation en biens ait calé ».
Les économistes de Crédit Mutuel Arkéa, plus prudents, prévoient une croissance de 0,1% sur le trimestre.
« Il y a de vrais effets de rebond par rapport au premier trimestre, mais je crois qu'il faut souligner que la dynamique reste très négative », du fait « du contexte géopolitique notamment », estime l'économiste Julien Lecumberry.
« On n'a aucun doute aujourd'hui sur le fait que le pouvoir d'achat des ménages va se contracter en 2026 », tandis que « du côté des entreprises, le choc énergétique et inflationniste de façon plus générale est venu comprimer les marges », poursuit-il.
Le gouvernement, qui avait abaissé en juillet sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7% du PIB, a fait état d'un « deuxième trimestre qui devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'activité » et « d'une approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres ».
Pour Julien Lecumberry, il n'y a « pas de logique de récession telle qu'on avait pu le craindre au moment où le premier trimestre a été publié ». « L'économie française est loin de se porter au mieux » mais « je crois qu'elle a fait preuve également de beaucoup de résilience », ajoute-t-il.