L'économie française « n'est pas malade, mais elle est attaquée par des vents de face », a ajouté le ministre.

« Je dois reconnaître que je prends le moment avec une certaine gravité », a-t-il poursuivi. « Ce que je veux, notamment dans le budget, c'est qu'on agisse maintenant, j'allais dire en responsabilité, mais encore en liberté. On peut faire des choix aujourd'hui pour éviter d'être forcé à agir demain ».

Le ministère de l'Economie a présenté samedi les principaux chiffres de son projet de budget pour 2027, qui prévoit un endettement record de 121,7% du produit intérieur brut (PIB) en 2027, au lendemain de la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence Scope Ratings. « On ne perd pas la main sur nos finances publiques, donc on n'est pas dans une spirale » mais « il faut éviter d'y aller », a souligné Roland Lescure.

« Arriver à faire des économies acceptables »

« Tous les ans, on paye plus sur nos dettes et ça nous étrangle progressivement (...) Pour desserrer cet étau, il faut arriver à faire des économies acceptables. Et ça va être tout le sujet du débat parlementaire » parce que « sinon on risque effectivement de manquer d'air », a-t-il ajouté.

« Avec l'émission d'obligations qu'on a faite jeudi dernier, on a complété 86% de notre programme d'émissions pour 2026. Donc on arrive à emprunter et les prêteurs continuent à nous prêter », a-t-il expliqué, alors que la défiance des marchés s'accroît néanmoins envers la deuxième économie de la zone euro, à quelques mois de l'élection présidentielle.

Le taux d'emprunt à dix ans est d'environ 4,50% et l'écart (« spread ») entre les taux français et allemand s'est envolé à un point de pourcentage, un seuil symbolique qui témoigne de l'inquiétude des investisseurs concernant les finances françaises.

Roland Lescure a affirmé lundi vouloir « agir avec détermination » pour « préserver la stabilité financière de la France » et « préserver la signature de la France ».