« L'exécution méthodique et rigoureuse de notre plan stratégique nous permet d'avancer avec confiance », a commenté le directeur général du groupe Slawomir Krupa, cité dans un communiqué, ce malgré « un contexte géopolitique et économique particulièrement incertain ».
Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur, s'élève à 7,1 milliards d'euros sur la période de janvier à mars (+0,3%).
92 millions d'euros de bénéfice net pour BoursoBank
La division regroupant la banque de détail en France - qui a subi un plan drastique de réduction des coûts - l'assurance et la banque privée (réservée à une clientèle fortunée) voit sa rentabilité décoller au premier trimestre. La baisse du taux du Livret A en l'espace d'un an, que les banques rémunèrent en partie, les taux de crédit immobilier relativement élevés et les dépôts importants sur les assurances-vie ont permis au bénéfice net de cette branche de croître de 48,4% sur un an, à 625 millions d'euros.
La banque en ligne maison, Boursobank, se paie même le luxe d'afficher 92 millions d'euros de bénéfice net au premier trimestre, une marche importante pour son objectif annuel de plus 300 millions d'euros. Elle compte désormais près de 8,9 millions de clients, précise la Société Générale.
Les activités de banque de détail à l'international et la division mobilité, comprenant notamment le crédit-bail automobile, représenté par la filiale Ayvens, se portent bien elles aussi avec un bénéfice net de 365 millions d'euros, en hausse de 14,5% sur un an.
Création de valeur
Si elle reste le premier moteur du groupe, la banque de financement et d'investissement (BFI), réservée aux grandes entreprises et aux institutions, voit en revanche son bénéfice net diminuer de 9,7%, à 773 millions d'euros.
En Europe, les produits de taux et de change, comme les couvertures que prennent par exemple les entreprises pour se prémunir des variations de l'euro face au dollar, ont connu une « activité commerciale moins dynamique et des conditions de marché moins favorables », selon le communiqué. La BFI pâtit également de l'effet de comparaison avec un premier trimestre 2025 qui avait été particulièrement faste.
En difficulté en 2023, Société Générale s'est redressée depuis l'arrivée du directeur général Slawomir Krupa et a atteint en 2025 des niveaux records de revenus et de bénéfice net (6 milliards d'euros). M. Krupa a recentré la banque sur les activités les plus rentables en multipliant les cessions et lancé un plan d'économies tous azimuts. Cela a bénéficié au cours de l'action, qui a enregistré la meilleure performance du CAC 40 l'an passé.
Une hausse de salaire de 45% à venir pour Slawomir Krupa
Ces bons résultats ont aussi maintenu à un niveau élevé le nombre de salariés payés un million d'euros ou plus l'an dernier : la banque en a dénombré 184, dont 79 en France, selon un rapport publié sur son site ce mois-ci.
Le conseil d'administration a par ailleurs proposé une hausse de 45% de la rémunération fixe de M. Krupa, à quelque 2,4 millions d'euros par an à partir de 2026, en raison d'« une performance exceptionnelle » du groupe depuis son arrivée. Cette augmentation substantielle sera soumise au vote des actionnaires lors de l'assemblée générale le 27 mai.
Les salariés ont de leur côté eu droit cette année à un intéressement supplémentaire de 1 400 euros brut ainsi qu'une enveloppe d'augmentations individuelles équivalente à 1,5% de la masse salariale.