Le bénéfice net part du groupe a atteint près de 2,1 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, soit une progression de 5,5% par rapport à la même période l'an passé. Son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur bancaire, a quant à lui crû de 2,8% pour s'établir à 10 milliards d'euros.
Des résultats qualifiés de « solides » par le dirigeant de Crédit Agricole S.A., Olivier Gavalda. Mais la banque a enregistré une forte hausse de son coût du risque, c'est-à-dire les sommes mises de côté pour parer aux défauts réels ou probables de remboursement de crédits par ses clients. Cette charge a bondi en un an de plus de 30% à l'échelle du groupe pour s'établir à 960 millions d'euros.
Du fait de la guerre au Moyen-Orient, « nous provisionnons par rapport à des scénarios macroéconomiques qu'on estime dégradés », a expliqué Olivier Gavalda lors d'un point avec des journalistes. « Au bout d'un moment, un pétrole plus cher (...) va avoir des conséquences évidemment négatives pour la croissance française et européenne », a-t-il développé, ce qui pourrait augmenter les défauts de remboursements de crédits.
Mais Olivier Gavalda l'assure : « nous n'avons pas changé de politique d'octrois de crédit » et « nous sommes très aidants avec les PME des secteurs en difficulté », tels que les transports.
Banque de détail : 600 000 nouveaux clients
Sur le plan commercial, le groupe revendique 600 000 nouveaux clients dans ses « banques de proximité », c'est-à-dire ses caisses régionales, sa filiale LCL, mais aussi à l'international (principalement en Italie). Le groupe bancaire français avance d'ailleurs ses pions chez Banco BPM, la troisième banque italienne. Sa participation s'élève désormais à 22,9% du capital. Cette quote-part a contribué à hauteur de 111 millions d'euros aux résultats du trimestre, dépassant le cap des 100 millions d'euros par trimestre espéré par la direction en début d'année.
L'entité cotée du groupe, Crédit Agricole S.A. (Casa), affiche quant à elle un bénéfice de 1,67 milliard d'euros (+1,8% sur un an), en phase avec les attentes des analystes financiers interrogés par Bloomberg. L'actionnaire majoritaire de Casa, la SAS Rue La Boétie, a annoncé son intention de racheter jusqu'à 800 millions d'euros d'actions.