Créé en 1997 pour inciter les épargnants à financer les PME innovantes, le FCPI est un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) donnant droit, sous conditions, à une réduction d'impôt sur le revenu ainsi qu'à une exonération des plus-values réalisées.
Le FCPI est un outil de private equity ayant pour objectif d'inciter les épargnants à financer les PME innovantes tout en leur donnant droit, sous conditions, à une réduction d'impôt sur le revenu ainsi qu'à une exonération des plus-values réalisées.
En 2024, l'Inspection générale des finances publiques recommandait de ne pas proroger le dispositif dit des FCPI « classiques » au-delà du 31 décembre 2025. Le dispositif avait pourtant été prorogé pour un an par la loi de finances pour 2025.
Puis, la loi de finances pour 2026 a restreint le périmètre de cet avantage fiscal. Ainsi, depuis le 21 février 2026, les FCPI « classiques » investis en PME innovantes au sens large ne sont plus éligibles à la réduction d'impôt sur le revenu. Seules les souscriptions aux FCPI qui financent de jeunes entreprises innovantes (JEI ou JEIC), de jeunes entreprises innovantes de rupture (JEIR) ou de jeunes entreprises innovantes à impact (JEII) restent éligibles à cette réduction d'impôt.
Qu'est-ce qu'un FCPI ?
Un outil destiné à financer des PME innovantes
Le FCPI est un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) donnant droit, sous conditions, à une réduction d'impôt sur le revenu ainsi qu'à une exonération des plus-values réalisées.
Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ? Un investisseur acquiert des parts d'un fonds durant la période de collecte. La société de gestion envestit ensuite l'encours collecté dans des petites ou moyennes entreprises (PME). « innovantes ». A l'échéance du fonds, les participations dans ces PME sont vendues et le produit de la liquidation est redistribué aux investisseurs.
En contrepartie, sous réserve d'une conservation des parts pendant au moins 5 ans à compter de leur souscription, les éventuels dividendes et plus-values de cession de parts sont exonérés d'impôt sur le revenu.
Les PME « innovantes » éligibles sont de nouvelles entreprises européennes âgées de moins de 8 ans respectant certaines limites sur les effectifs et le chiffre d'affaires (moins de 250 salariés et chiffre d'affaire inférieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan inférieur à 43 millions d'euros). Elles doivent être détenues à 50% minimum par des personnes physiques ou d'autres JEI (une association scientifique, des établissements publics de recherche...).
La composition d'un FCPI
Pour être éligible à la réduction d'impôt, chaque FCPI doit être constitué à minimum 50% (depuis la loi de finances 2026) de titres non cotés de PME européennes innovantes, le solde pouvant être investi sur d'autres supports : obligations, actions, etc...
La PME est qualifiée d' « innovante » si ses dépenses en recherche et développement (R&D) représentent un pourcentage significatif de ses charges annuelles. Cette qualification est délivrée également par Bpifrance qui reconnaît le caractère innovant d'une l'entreprise (par les produits créés ou les procédés employés) et de ses perspectives de développement économique.
Il existe plusieurs types de PME innovantes. Le statut de JEII (Jeune Entreprise d'Innovation à Impact) constitue la principale nouveauté de la loi de finances pour 2026. Il s'adresse aux entreprises combinant effort de recherche et utilité sociale, et il est conditionné à l'obtention d'un agrément ESUS ou à un rattachement à l'économie sociale et solidaire.
Les JEIR (Jeunes Entreprises d'Innovation de Rupture) sont, quant à elles, majoritaitement des start‑ups à fort potentiel d'innovation de rupture, dont les dépenses de recherche et développement dépassent plus de 30% des charges totales.
La réduction d'impôt sur le revenu
Le nouveau régime applicable aux versements effectués à compter du 21 février 2026 prévoit des taux variables selon la catégorie de JEI investie par le fonds :
| FCPI concernés | Période des versements | Taux de réduction d'impôt |
|---|---|---|
| FCPI « classiques » investis en PME innovantes | Du 28 septembre 2025 au 20 février 2026 | 25% |
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes (JEI) / JEI de croissance (JEIC) | Du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2028 | 30% |
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes à impact (JEII) | Du 21 février 2026 au 31 décembre 2028 | 40% |
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes de rupture (JEIR) | Du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2028 | 50% |
En contrepartie de cette réduction d'impôt, les parts de FCPI doivent être conservées pendant au moins 5 ans.
Autre avantage en plus de la réduction d'impôt
Passée cette période de conservation, les dividendes et les plus-values de cession des parts de FCPI bénéficient d'une exonération d'impôt mais sont toujours soumis aux prélèvements sociaux de 18,6% (depuis le 1er janvier 2026).
Il faut noter que le taux affiché (30%, 40% ou 50%) ne correspond pas forcément au taux réellement appliqué. La réduction est calculée sur la fraction de l'investissement effectivement déployée en JEI par le fonds, selon la formule : (quota JEI réel du fonds × taux de la catégorie). C'est pourquoi il est nécessaire de bien se renseigner avant toute souscription.
Le plafonnement de la réduction d'impôt
Depuis le 21 février 2026, la réduction d'impôt pour souscription au capital d'une jeune entreprise innovante (JEI ou JEIC), ou d'une jeune entreprise innovante de recherche (JEIR) ou encore d'une jeune entreprise innovante à impact (JEII) offrent des plafonds beaucoup plus élevés que les précédents relatifs aux FCPI classiques.
En effet, le montant des versements pris en compte pour le calcul de la réduction d'impôt, est limité à :
- 75 000 € pour une personne seule (célibataire, veuve ou divorcée),
- 150 000 € pour un couple soumis à une imposition commune.
A noter : la fraction d'une année excédant les plafonds n'est pas reportable au titre des années suivantes. Elle est donc perdue.
L'atout majeur de ce nouveau régime réside dans le fait que la réduction d'impôt FCPI-JEI est exclue du plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros par an.
Le montant maximal de la réduction d'impôt varie donc selon chaque type d'investissement :
| Type de FCPI | Taux de la réduction d'impôt | Montant maximal de la réduction d'impôt |
|---|---|---|
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes (JEI) / JEI de croissance (JEIC) | 30% | 22 500 € pour une personne seule et 45 000 € pour un couple |
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes à impact (JEII) | 40% | 30 000 € pour une personne seule et 60 000 € pour un couple |
| FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes de rupture (JEIR) | 50% | 37 500 € pour une personne seule et 75 000 € pour un couple |
Précédemment, le montant des versements retenus pour le calcul de la réduction FCPI « classiques » était plafonné annuellement à 12 000 euros pour une personne seule et 24 000 euros pour un couple. La fraction de l'année excédant ces plafonds n'était pas reportable au titre des années suivantes. De plus, cette réduction d'impôt était incluse dans le « plafonnement global des niches fiscales » de 10 000 euros par an.
L'historique des taux de réduction d'impôt
Auparavant, le taux de réduction de l'impôt sur le revenu causé par la souscription de parts de FCPI était de 18%. De façon exceptionnelle, cette réduction avait été portée à 25% pour les versements du 10 août 2020 à fin 2023 (avec des interruptions dues aux prorogations successives chaque année). Puis, en 2024, le taux de 18% était à nouveau applicable.
La loi de finances pour 2025 prévoyait que la souscription de parts de FCPI ouvrait droit à une réduction de l'impôt sur le revenu correspondant à 25% des versements nets (après déduction des frais d'entrée) réalisés entre le 28 septembre et le 31 décembre 2025 (décret du 2 octobre 2025). Ce taux s'appliquait aux FCPI agréés entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025.
Depuis le 21 février 2026, le taux de la réduction d'impôt est désormais de 30% mais il est uniquement réservé aux versements effectués au titre des souscriptions de parts de FCPI investies en titres de jeunes entreprises innovantes (JEI). La réduction d'impôt n'est applicable qu'à ces soucriptions. Ainsi donc, les FCPI classiques n'y sont plus éligibles.
La loi de finances pour 2026 a élargit la réduction d'impôt aux souscriptions au capital de jeunes entreprises innovantes de recherche (JEIR) pour les versements réalisés depuis le 21 février 2026. Son taux est alors de 50%.
Quant aux versements réalisés depuis cette même date pour des souscriptions au capital de jeunes entreprises innovantes à impact (JEII) et jusqu'au 31 décembre 2028, la réduction d'impôt est de 40%.
Les contreparties de la réduction d'impôt
Une conservation obligatoire pendant 5 ans
Pour que le bénéfice de la réduction d'impôt ne soit pas remis en cause par le fisc, l'investisseur doit conserver ses parts de FCPI pendant une durée minimale de 5 ans à compter de leur souscription, sauf :
- en cas de décès du souscripteur ou de son conjoint,
- en cas d'invalidité de 2ème et 3ème catégorie du souscripteur ou de son conjoint,
- en cas de licenciement du souscripteur ou de son conjoint.
En outre, le souscripteur et les membres de sa famille (conjoint, concubin, ascendants, descendants, collatéraux) ne doivent pas détenir :
- plus de 10% des parts d'un même FCPI,
- plus de 25%, directement ou indirectement, des droits dans les bénéfices de sociétés dont les titres figurent dans le FCPI ou avoir détenu ce montant au cours des 5 années précédent la souscription des parts du fonds.
Un versement en numéraire
Qu'est-ce que cela signifie ? Pour bénéficier de la réduction d'impôt, le versement réalisé doit être effectué en argent. Il est impossible d'en bénéficier en cas d'acquisitions de parts déjà émises : il doit s'agit d'une souscription de nouvelles parts.
Le respect des conditions attachées au fonds
Côté gestionnaire du FCPI, il devra surveiller que le fonds respectent bien toutes les conditions pour pouvoir bénéficier de la réduction d'impôt. Celles-ci varies selon le type de FCPI.
De plus, il doit atteindre le quota d'investissement sur lequel il s'est engagé sous un délai de 48 mois à compter de la date de clôture de la période de souscription (contre 30 mois auparavant, avant la loi de finances pour 2026).
Un produit très risqué plutôt réservé aux gros contribuables
L'investissement dans les FCPI s'adresse aux épargnants qui sont le plus fortement imposés à l'IR. Outre l'avantage fiscal, l'investisseur doit être conscient des risques encourus, propres à ce type de placement :
Une indisponibilité des fonds
Pour ne pas voir l'avantage fiscal mis en cause par le fisc, les parts de FCPI doivent être conservées pendant au moins 5 ans. Cependant, la durée de vie du fonds est le plus souvent supérieure : jusqu'à 8 ans, parfois prorogeable jusqu'à 10 ans voire plus. A ce terme, le gestionnaire liquide le fonds et redistribue leurs parts aux investisseurs. Avant cette échéance, il est quasiment impossible de récupérer tout ou partie du capital investi.
Un risque important de perte en capital
S'agissant de placement en titres de PME, ces dernières présentent un risque plus élevé que les grandes entreprises compte tenu de perspectives de développement plus incertaines. De manière concrète, la moitié des FCPI créés entre 2000 et 2010, plombés par leurs frais et de piètres performances, ne permettent pas aux investisseurs de récupérer leur mise. Une proportion significative de FCPI enregistre même des pertes dépassant le montant de l'avantage fiscal initial.
Des frais élevés
Les frais d'entrée sur les Fonds communs de placement dans l'innovation sont élevés : généralement autour de 4 à 5%, éventuellement négociables. Quant aux frais annuels de gestion, ils se situent souvent entre 3 et 4% (ce qui représente un cumul de 30% à 40% de l'encours sur 10 ans, au profit du gestionnaire). A cela s'ajoute les frais habituels pratiqués sur les fonds d'investissement (commissions de mouvement, de surperformance...) mais aussi des frais de sortie anticipée quand celle-ci est permise.
Pour les FCPI agréés depuis 2017, les frais ont été limités par la réglementation et ne peuvent pas dépasser 30% de l'investissement au total. En outre, les frais à la charge du contribuable ne doivent pas dépasser 12% pendant les trois premières années, puis 3% par an.
Comment et quand souscrire des FCPI ?
Comment choisir ses FCPI ?
L'adage affirmant que « les performances passées ne préjugent pas des performances futures » s'applique d'autant mieux aux FCPI que la structure de chaque fonds est différente d'une année sur l'autre. En effet, le gestionnaire créé un nouveau FCPI chaque année en réalisant des investissements auprès des PME en recherche de financement à ce moment-là.
Cependant, des performances passées, positives et régulières, peuvent permettre de distinguer les gestionnaires sur leur capacité à sélectionner les entreprises innovantes ayant le meilleur potentiel.
Quand souscrire les parts de FCPI ?
La fenêtre de souscription de parts d'un FCPI n'est ouverte que pendant une année. Le fonds est ensuite fermé à la souscription, le gestionnaire créant généralement une nouvelle version l'année suivante.
Pour obtenir une réduction à l'impôt sur le revenu, l'investisseur doit avoir souscrit ses parts de FCPI l'année précédente. Le plus gros de la commercialisation se fait généralement dans les derniers jours de l'année, juste avant le 31 décembre.
Le FIP, le plan d'épargne en actions, le dispositif Pinel
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre FIP et FCPI ?
La principale différence réside dans la constitution de leur portefeuille et la zone géographique ciblée par les investissements. En effet, le FCPI vise des entreprises innovantes au niveau national et européen, tandis que le FIP financent des entreprises (innovantes ou non) de sa région et des alentours. Ils offrent tous deux une réduction d'impôt mais avec un taux différent et avec des conditions spécifiques à chacun. Par ailleurs, le FIP n'a pas fait l'objet d'un recentrage par la loi de finances 2026.
Quel est le taux de réduction d'impôt d'un FCPI ?
En 2026, le taux varie selon la catégorie de JEI ciblée par le fonds. La réduction d'impôt peut aller de 30% pour les JEI et JEIC, à 40% pour les JEI à impact (JEII), ou encore atteindre 50% pour les JEI de rupture (JEIR).
Cette réduction d'impôt peut-être être cumulée avec d'autres avantages fiscaux ?
Il est possible de cumuler une réduction d'impôt dans un FCPI, un FIP Corse ou un FIP Outre-mer à condition que cela ne soit pas dans le même fonds. De plus, cette réduction d'impôt FCPI-JEI n'est pas cumulable avec les exonérations d'impôt en faveur des investissements réalisés dans des fonds de capital investissement. Elle ne peut pas non plus être cumulée avec la fraction des versements effectués ayant donné droit à la réduction d'impôt au titre des intérêts versés pour les emprunts contractés au plus tard le 31 décembre 2011 pour la reprise d'une entreprise (article 199 terdecies-0 B du CGI), ou avec la réduction d'impôt accordée au titre de certains investissements réalisés en Outre-mer (article 199 undecies B et A du CGI), ou encore avec la réduction d'impôt accordée au titre du financement en capital d'œuvres cinématographiques ou audiovisuelles (article 199 unvicies du CGI).
Les FCPI sont-ils soumis au plafonnement des niches fiscales ?
Non. Depuis la loi de finances pour 2026, les FCPI investis en JEI sont exclus du plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an.
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