L'essentiel

  • Malgré le Plan « Toutes et tous égaux » 2023-2027, 52% des femmes dirigeantes rencontrent toujours des difficultés pour obtenir un crédit en France.
  • Plusieurs initiatives nationales et régionales ont été lancées pour faciliter l'accès au crédit pour les femmes entrepreneures, comme la Garantie EGALITÉ Femmes et le programme Wom'energy.
  • Les solutions locales et les réseaux de professionnelles offrent également des aides financières et un soutien opérationnel pour les femmes qui souhaitent créer ou développer leur entreprise.

Le Plan interministériel « Toutes et tous égaux » 2023-2027 avait fait du soutien aux entrepreneuses une priorité gouvernementale. Pourtant, le constat de la Confédération des PME reste sans appel en ce début d'année : 52 % des dirigeantes rencontrent encore des difficultés pour décrocher un crédit.

Une étude menée par la Fédération Bancaire Française (FBF) en 2025 soulignait déjà ce déséquilibre : « À chaque étape du financement, les entreprises dirigées par des femmes obtiennent un soutien financier moindre que leurs homologues masculins. » Ce frein structurel entrave à la fois leur lancement, leur croissance et la pérennité de leur société. Le Baromètre 2025 sur l'entrepreneuriat des femmes confirme aussi cette inégalité : « 26% des créations d'entreprises portées par des femmes ont démarré modestement et le reste trois ans après. »

Alors quelles solutions reste-t-il quand décrocher un prêt relève du parcours du combattant ? Tour d'horizon des dispositifs existants.

Des dispositifs nationaux pour accompagner les femmes entrepreneures

C'est certainement le dispositif le plus connu à destination des entrepreneuses : la Garantie EGALITÉ Femmes (anciennement FGIF) vise à faciliter l'accès des entrepreneures au crédit bancaire. Elle s'adresse aux femmes inscrites comme demandeuses d'emploi ou en situation de précarité.

Concrètement, la garantie assure une partie du prêt auprès de la banque : si vous ne pouvez pas le rembourser, la garantie prend en charge jusqu'à 80% du montant emprunté, dans la limite de 50 000  euros, sur une durée maximale de 7 ans. Le coût pour l'entreprise est minime, puisqu'il correspond à 2,5 % du prêt garanti. Pour mobiliser cette aide, il faut contacter l'association territoriale France Active de sa région.

Autre soutien national : le programme Wom'energy. Créé à l'initiative du Réseau Entreprendre, il s'adresse aux femmes à tous les stades de leur projet, de la création au développement. Le programme peut inclure un prêt d'honneur sans intérêts ni garanties personnelles, généralement compris entre 15 000 euros et 50 000 euros. Mais l'intérêt ne se limite pas au financement. Les bénéficiaires sont accompagnées dans la durée par un chef d'entreprise expérimenté. Le programme propose aussi des temps forts, comme les Wom'Energy Days, avec du coaching et des échanges entre entrepreneures.

Les plans d'actions régionaux en faveur des chefs d'entreprise

Depuis 2012, l'État et la Caisse des dépôts ont impulsé des plans d'action régionaux (PAR) pour l'entrepreneuriat, mais dans les faits, peu d'aides financières régionales sont strictement réservées aux femmes. Certaines collectivités ont toutefois mis en place des mesures ciblées ou des compléments d'aide autour de l'entrepreneuriat féminin.

En Île‑de‑France, par exemple, la région propose une aide forfaitaire d'environ 1 000 euros aux entrepreneuses ayant au moins un enfant à charge. En Normandie, le dispositif « FUND by Femmes & Challenges » peut accorder, sous conditions, un prêt d'honneur à taux zéro aux entrepreneures. La Bourgogne‑Franche‑Comté, quant à elle, a lancé « Booste ta startup », un programme d'accompagnement stratégique incluant des startups dirigées par des femmes. Enfin, en Auvergne‑Rhône‑Alpes, le dispositif régional « Ariane » s'adresse à celles qui rencontrent des obstacles à l'entrepreneuriat.

Pour en savoir plus, il faut vous rapprocher de votre mairie, de la chambre de commerce et d'industrie ou de la chambre des métiers et de l'artisanat. Vous pouvez aussi consulter le site de votre Conseil régional. Vous devrez généralement fournir un business plan détaillé et un état de vos fonds propres.

Les initiatives locales et les réseaux de professionnelles

Certaines solutions associatives viennent compléter ces dispositifs. Elles sont en partie financées par des partenaires publics ou privés.

Parmi eux, les Clubs Locaux d'Épargne pour les Femmes qui Entreprennent (CLEFE), créés par le réseau RACINES. Le principe ? Des entrepreneures et des membres partenaires (associations, entreprises, collectivités) mettent en commun une épargne pour accorder des prêts à d'autres femmes qui souhaitent créer ou développer leur activité. Ces prêts servent de capital d'amorçage, souvent là où les banques hésitent, avec un taux d'intérêt particulièrement avantageux.

Les entrepreneuses peuvent aussi tenter leur chance en participant à des concours exclusivement ouverts aux femmes. BPI France Création en a répertorié une douzaine sur le territoire. Ils ciblent principalement les porteuses de projets innovants, à fort impact social ou sociétal.

Enfin, certaines structures misent sur le soutien opérationnel et humain. Les incubateurs comme Les Premières, Willa ou Les Audacieuses proposent du mentorat, des formations et un suivi sur le long terme pour structurer les projets et renforcer la posture entrepreneuriale. Les réseaux professionnels, comme Bouge ta boîte, Femmes des Territoires, Women in Tech ou Mampreneurs organisent aussi des ateliers pratiques, des événements et des conférences pour réseauter et partager les bonnes pratiques professionnelles. Tous ces acteurs disposent d'antennes régionales, partout en France.

Les aides ouvertes à tous les entrepreneurs

Au-delà de ces dispositifs réservés aux femmes, il existe enfin des solutions accessibles à tous les porteurs de projet. Les prêts d'honneur, proposés par Initiative France ou le Réseau Entreprendre, sont à taux zéro et ne demandent ni garantie ni caution personnelle. Les montants accordés vont de 3 000 à 50 000  euros. Ils peuvent atteindre 90 000 euros pour les projets plus ambitieux.

Autre option, le micro-crédit professionnel de l'Adie, remboursable sur cinq ans. Le taux y est plus élevé (à partir de 5%) et le prêt doit être garanti à hauteur de 50 à 80 % du montant emprunté. Selon BPI France, 7 465 prêts d'honneur à taux zéro ont été octroyés à des femmes en 2024, ainsi que 13 000 micro-crédits, soit respectivement 35 % et 45 % du volume total de ces financements.

Le nouveau pari de l'Adie pour aider les entrepreneurs refusés par les banques

Enfin, si vous êtes indemnisée par France Travail, n'oubliez pas que vous pouvez sous conditions cumuler vos allocations chômage et vos revenus d'entrepreneuse. Autre possibilité : troquer vos ARE (Allocation d'aide au retour à l'emploi) contre l'ARCE (Aide à la reprise et à la création d'entreprise). Vous percevrez alors 60% de vos droits restants sous la forme d'un capital versé en 2 fois. Ce coup de pouce peut vous permettre de financer vos premiers investissements et de lancer votre activité plus sereinement.

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