La mise en location d'un logement en meublé n'entre pas dans le même cadre fiscal que la location d'un bien nu. Le législateur a prévu deux statuts selon le caractère professionnel ou non de l'activité de loueur, ainsi que deux régimes d'imposition des revenus de cette activité.

Qu'est-ce qu'une location meublée ?

Pour qu'une location soit qualifiée de « meublée », le locataire doit disposer d'un local d'habitation garni de meubles indispensables à une occupation normale. Un décret du 31 juillet 2015 a fixé la liste des éléments dont le logement doit obligatoirement disposer : un lit avec couette ou couverture, une cuisine équipée (four ou micro-ondes, plaques de cuisson, réfrigérateur avec congélateur, vaisselle, ustensiles de cuisine), une table et des sièges, des étagères de rangement et des luminaires, notamment.

Ainsi, lorsqu'un contribuable met en location un bien meublé, les loyers qu'il en retire sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non pas dans celle des revenus fonciers, contrairement à la location nue.

S'agissant du régime fiscal, le bailleur peut être soumis de plein droit soit au régime micro-BIC ou au régime réel selon les revenus locatifs perçus. Ses obligations déclaratives diffèrent selon son statut : loueur en meublé professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP).

Les loueurs en meublé professionnels

La location meublée est considérée comme exercée à titre professionnel lorsque deux conditions sont réunies s'agissant des recettes annuelles issues de cette activité :

  • elles dépassent 23 000 euros TTC, c'est-à-dire en comptant loyers, charges, et éventuelles garanties d'assurance pour garantir ce loyer inclus ;
  • elles constituent la majorité des revenus du foyer fiscal, et excèdent donc les autres revenus d'activité (salaires, bénéfices agricoles et non commerciaux, revenus des gérants et associés, etc.).

A noter qu'il importe peu que la location soit continue (elle peut être saisonnière), du moment qu'elle est habituelle.

Depuis le 1er janvier 2020, il n'est plus obligatoire pour le loueur en meublé professionnel d'être inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour exercer son activité. Dès lors, sa qualité ne s'apprécie plus qu'au regard des 2 conditions susmentionnées.

Le régime fiscal des LMP

Hormis les loueurs qui exercent leur activité dans le cadre d'une société (SCI) soumise à l'impôt sur les sociétés, les revenus tirés de la location meublée sont soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Selon le montant des revenus locatifs perçus, le bailleur a le choix entre un régime micro-BIC ou le régime réel. Au-delà de 83 600 euros (pour la plupart des locations meublées, seuil applicable pour les recettes 2025), c'est ce dernier qui s'applique. Néanmoins, le contribuable peut également opter pour le régime réel, quand bien même ses revenus seraient inférieurs à ce seuil, s'il souhaite déduire le montant précis de ses charges ou amortir son bien.

Le loueur doit ainsi déclarer les revenus nets, c'est-à-dire l'ensemble des recettes perçues, desquelles il peut déduire les frais d'entretien et de réparation, les impôts locaux, les cotisations d'assurance, les intérêts d'emprunt. Il peut également déduire l'amortissement du local, du mobilier et des travaux. L'avantage du caractère professionnel tient dans le traitement d'un éventuel déficit généré par l'activité. En effet, et contrairement au LMNP, ce déficit peut être imputé sur le revenu global du contribuable sans limitation de montant, et réduire ainsi le montant d'impôt à payer.

Le LMP peut également, comme le LMNP et s'il en respecte les conditions, opter pour le micro-BIC ou régime spécial BIC (lire plus bas).

Le régime social des LMP

Les revenus tirés de la location des LMP sont considérés comme des revenus professionnels. À ce titre, les LMP sont soumis aux cotisations sociales et doivent s'enregistrer auprès des organismes sociaux compétents (URSSAF/organismes des indépendants selon la situation). Ces cotisations sont calculées sur la base du bénéfice de l'activité et ouvrent des droits sociaux (maladie, retraite, etc.).

Les plus-values des LMP

À la revente, les plus-values des LMP sont traitées comme des plus-values professionnelles et tiennent compte des amortissements réalisés sur le bien. Néanmoins, les loueurs en meublé professionnels peuvent bénéficier d'un régime d'exonération lorsqu'ils exercent leur activité depuis plus de cinq ans. Ainsi, la plus-value sera totalement exonérée si l'activité du LMP dégage des recettes annuelles (éventuellement corrigées) inférieures à 90 000 euros HT (exonération partielle entre 90 000 et 126 000 euros HT).

Les loueurs en meublé non-professionnel

À défaut d'être loueur en meublé professionnel, le loueur sera considéré comme non-professionnel. Il suffit qu'un seul des critères du LMP ne soit pas satisfait pour être LMNP. À noter qu'il faut toutefois effectuer une déclaration de début d'activité dans les 15 jours suivant le démarrage, désormais via le guichet unique des formalités des entreprises, qui transmettra l'information au greffe du tribunal de commerce compétent.

Comme pour son homologue professionnel, l'imposition peut se faire sous deux régimes fiscaux : le micro-BIC ou le régime réel.

Pour l'application du micro-BIC, il faut distinguer si le bien a obtenu ou non la classification prévue à l'article L.324-1 du Code du tourisme de meublé de tourisme classé.

Ainsi, si le bien est un meublé de tourisme classé, le micro-BIC permet aux entrepreneurs individuels qui tirent moins de 83 600 euros (seuil pour les années 2026, 2027 et 2028) de leur activité de location meublée de pratiquer un abattement forfaitaire de 50% sur l'ensemble des recettes. En contrepartie, il n'est pas possible de déduire des charges ou des frais réels. Lorsqu'un contribuable a opté pour ce régime, son choix est valable pour l'année, puis reconduit tacitement tant que les conditions sont remplies.

À noter que sont exclus de ce régime les contribuables ayant opté pour l'assujettissement à la TVA de leur activité. Il faut donc être en franchise en base de TVA (la TVA est payée sur les charges et non déductible ; les recettes sont facturées hors taxes).

A contrario, en cas de location de courte durée d'un bien meublé non classé (souvent appelée « location meublée de tourisme », comme sur Airbnb), le seuil du régime micro-BIC diffère. Depuis la loi de finances pour 2025, le plafond pour bénéficier du régime micro-BIC est abaissé à 15 000 euros de recettes annuelles, et l'abattement forfaitaire réduit à 30%.

Le tableau récapitulatif ci-après permet de mieux comprendre l'application du régime micro-BIC pour les locations meublées de tourisme des LMNP :

Plafond max pour l'application du micro-BICTaux d'abattement
Meublés de tourisme non classés15 000 € de CA hors taxe30%
Meublés de tourisme classés et chambres d'hôtes83 600 € de CA annuel hors taxe*50%

*Seuil de chiffre d'affaires annuel hors taxe du régime de la micro-entreprise pour les années 2026, 2027 et 2028

Si les revenus locatifs dépassent un chiffre d'affaire annuel hors taxe de 83 600 euros (ou de 15 000 euros pour les meublés de tourisme non classés), le régime réel s'applique. Le contribuable peut aussi préférer choisir ce régime plutôt que le micro-BIC. Dans ce cas, une comptabilité de type commercial doit être tenue, identique à celle du LMP. Les déficits constatés ne sont imputables que sur des revenus de même nature (catégorie BIC non professionnel) de l'année ou des dix années suivantes.

Les cotisations sociales

Les revenus tirés de la location sont considérés comme des revenus du patrimoine et soumis au taux global de 18,6% de prélèvements sociaux (depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, contre 17,2% auparavant). Cependant, les LMNP qui pratiquent la location de courte durée de manière habituelle (par exemple via Airbnb) et qui tirent plus de 23 000 euros de recettes doivent être affiliés au régime social des indépendants géré par l'URSSAF, sauf si la gestion est confiée à une agence professionnelle disposant d'un mandat de location.

Nouveauté de la LFSS 2026 : hausse de la CSG sur les revenus du capital

La loi de financement pour la sécurité sociale pour 2026 met en place une hausse du taux de CSG sur les revenus du capital à 10,6%. Les revenus fonciers en sont exonérés. Cependant, les loyers issus de la location meublée n'étant pas considérés comme des revenus fonciers mais comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), les bailleurs en meublé doivent supporter un taux global de prélèvements sociaux de 18,6% à compter de 2026 (lorsque ces revenus n'ont pas été assujettis à la CSG et à la CRDS au titre des revenus professionnels).

Quelles conséquences ? Pour ceux au régime réel, l'effet de la hausse de la CSG peut être atténué par la déduction des charges. À l'inverse, pour ceux au micro-BIC, qui appliquent un abattement forfaitaire sans pouvoir déduire toutes les charges réelles, l'augmentation de 1,4 point de CSG se traduira par une charge plus nette sur le revenu taxable.

Les plus-values

Les plus-values relèvent du régime des plus-values des particuliers et bénéficient d'un abattement progressif selon la durée de détention : exonération totale d'impôt sur le revenu au bout de 22 ans et de prélèvements sociaux au bout de 30 ans.

Depuis la loi de finances pour 2025 : prise en compte des amortissements lors de la revente

La plus-value immobilière se calcule en fonction de la différence entre le prix d'acquisition et le prix de revente du bien, corrigée de certains éléments définis par la loi.

Jusqu'en février 2025, lors de la revente d'un bien par un loueur en meublé non professionnel, les amortissements déduits pendant la période de location n'étaient pas pris en compte dans le calcul de la plus-value. Le propriétaire bénéficiait donc d'un avantage fiscal : la base d'imposition n'était pas diminuée de ces amortissements.

Désormais, le montant des amortissements déduits doit être pris en compte : le prix d'acquisition de l'immeuble est donc réduit de la valeur de ces amortissements, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable.

Toutefois, certaines dépenses amorties restent exclues de cette règle : notamment les dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisées par un professionnel et prises en compte dans le calcul de l'impôt sur le revenu, ainsi que les dépenses d'entretien ou de réparation, sauf si elles sont indissociables d'améliorations.

De plus, certains biens loués en meublé, comme les résidences services étudiantes ou seniors, demeurent exclus de cette nouveauté.

Le calcul de la plus-value étant effectué par le notaire, il est recommandé de consulter un professionnel avant toute vente pour estimer précisément le montant imposable.

Les différences entre LMP et LMNP

Loueur en meublé professionnelLoueur en meublé non-professionnel
Cotisations socialesAffiliation à la Sécurité Sociale des Indépendants18,6% au titre des revenus du patrimoine
Régime réelImputation des déficits possibles sur le revenu globalImputation des déficits uniquement sur les revenus de même nature de l'année ou des 10 années suivantes
Micro-BICPossible sous réserve d'être en franchise de TVA et que les recettes soient inférieures à 83 600 euros (ou 15 000 en cas de location meublée de courte durée sur un immeuble non classé)
Plus-valuesPlus-values professionnelles avec possibilité d'exonérationPlus-values des particuliers avec un système d'abattement selon la durée de détention (montant des amortissements déduits pris en compte = prix d'acquisition réduit)
Carole-Anne CORNET
Carole-Anne CORNET

Diplômée d’un Master de droit privé général, Carole-Anne se charge de la veille juridique, assure la mise à jour du site, assiste les journalistes... Lire la suite

© MoneyVox 2009-2026 / Droits réservés