L'essentiel
- Jean-Pierre Farandou poursuit jusqu'à dimanche ses discussions avec les syndicats et le patronat.
- Il vise un compromis sur le Smic, les minima de branches et les négociations salariales.
- Les manifestations ont rassemblé 1,5 million de personnes selon les syndicats, contre 575 000 selon les autorités.
Jean-Pierre Farandou a précisé que ses discussions avec les syndicats et le patronat étaient encore en cours jusqu'à dimanche et que son objectif était de « converger » pour arriver à un compromis sur le Smic, les minima de branches et les négociations salariales dans les entreprises, au lendemain d'une journée de grève et de manifestations qui a mobilisé jeudi plus de 1,5 million de personnes selon les syndicats, et 575.000 selon les autorités.
Jeudi, une journée de grève et de manifestations a mobilisé plus de 1,5 million de personnes selon les syndicats, et 575.000 selon les autorités, après trois samedis de forte mobilisation syndicale, de gilets jaunes et de la jeunesse contre la vie chère. La CFDT demande 100 euros net de hausse du Smic net et la CGT 10 %, soit environ 150 euros.
Revalorisé chaque 1er janvier en fonction, notamment, de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres, le Smic est également augmenté automatiquement en cours d'année si l'inflation dépasse 2%.
Au-delà des augmentations mécaniques, le gouvernement peut donner un coup de pouce au Smic mais cela n'a pas été le cas depuis juillet 2012, après l'arrivée de François Hollande à l'Élysée (un coup de pouce de 0,6%).
Tous les syndicats demandent également que les grilles de salaire des branches professionnelles ne comportent plus de niveaux sous le Smic, et que les entreprises qui ont de tels niveaux soient sanctionnées financièrement.
Les salariés perçoivent dans tous les cas le salaire minimum mais ces niveaux de grilles inférieurs au Smic provoquent un tassement des rémunérations, les salariés pouvant progresser dans l'échelle des salaires tout en restant « collés » au salaire minimum pendant de longues années.
« Il y a un décret qui est prêt », et ce décret « inciterait très fort les branches, à relever leur minima, parce que sinon on va affecter ce qu'on appelle la réduction de charges », a expliqué Jean-Pierre Farandou. « Le gouvernement est prêt à passer ce décret pour inciter très fort les entreprises à relever leur minima conventionnel au niveau du Smic », a-t-il ajouté.
Le mécanisme, qui consiste à calculer les allègements de cotisations patronales non pas sur le Smic mais sur les niveaux de rémunération conventionnel inférieurs, était prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 mais le décret d'application se fait toujours attendre.
Mais selon Les Echos, les paramètres du projet de décret du gouvernement font que très peu de branches seraient concernées.
Selon l'économiste Stéphane Carcillo, président du groupe d'experts indépendants sur le Smic, cité par le journal, le système sera « bancal, très compliqué à mettre en œuvre et n'aura probablement que très peu d'impact ».
