Investir dans l'immobilier locatif, verser une partie de votre revenu sur un Plan d'épargne retraite, faire des travaux pour créer un déficit foncier, miser sur les PME, placer vos billes dans le cinéma ou tout simplement donner aux œuvres caritatives : la fiscalité française vous offre de multiples possibilités pour réduire votre impôt sur le revenu. Mais attention à ne pas défiscaliser les yeux fermés !

Quel avantage fiscal pour quel objectif ?

La défiscalisation, au sens large, englobe toutes les démarches visant à réduire vos impôts, le plus souvent l'impôt sur le revenu. L'État prévoit en effet de multiples dispositifs de défiscalisation. Le principal objectif des pouvoirs publics est d'inciter les contribuables aisés à soutenir un secteur économique (construction et rénovation immobilières, emploi à domicile, PME...) en contrepartie d'une fiscalité plus avantageuse.

Du point de vue des contribuables, trois grandes familles d'avantages fiscaux peuvent être distinguées : les déductions, les réductions fiscales et les crédits d'impôts.

  • A l'image des abattements professionnels, la déduction vient réduire votre revenu imposable et abaisse indirectement votre impôt sur le revenu.
  • La réduction diminue directement l'impôt à payer.
  • Le crédit d'impôt est le seul mécanisme qui profite à tous : il réduit le solde à payer des ménages imposables. Pour les non-imposables, il est le seul mécanisme qui permet de bénéficier d'un versement de la part du fisc.

Les crédits d'impôt concernent des millions de ménages : 5,15 millions de ménages en 2025 pour le crédit d'impôt emploi à domicile selon une estimation du ministère de l'Economie, et 1,94 million de ménages bénéficiaires pour le crédit pour frais de garde d'enfants. Dans un cas comme dans l'autre, le Trésor public vous rembourse, avec un an de décalage, la moitié de vos dépenses (jusqu'à un certain plafond). Depuis 2022 toutefois, d'abord pour les services à la personne puis pour la garde d'enfants de plus de 6 ans, les particuliers employeurs peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt instantané, grâce au service Avance immédiate.

Le plus répandu des dispositifs fiscaux est la réduction d'impôt pour dons aux associations : plus de 7,5 millions de contribuables en profitent, selon les statistiques de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Les réductions d'impôt liées à l'investissement locatif ne concernent, elles, qu'un demi-million de foyers fiscaux mais les montants concernés sont bien plus importants : ces dispositifs s'adressent à une population qui investit spécifiquement pour réduire ses impôts.

Parmi les dispositifs de déduction fiscale, le mécanisme de déduction des « frais réels » répond à une logique de limitation de l'impôt. Le mécanisme des versements d'épargne retraite répond lui à une véritable logique de défiscalisation : l'épargnant verse sur un plan épargne retraite (PER) pour mettre de l'argent de côté en vue de sa retraite, mais aussi et surtout pour réduire le revenu imposable de l'année lors de laquelle il effectue ce versement.

Deux plafonds de niches fiscales

L'État limite les économies que vous pouvez réaliser, chaque année, grâce aux différents placements de défiscalisation.

Le plafond global de 10 000 euros. Les niches fiscales sont soumises à un plafonnement principal de 10 000 euros de réduction chaque année. Les avantages obtenus en investissant dans les « fonds fiscaux » FIP et FCPI, l'investissement en direct dans les PME, les réductions liées à l'investissement locatif Pinel ou Denormandie ou encore l'investissement immobilier en résidence meublée sont tous soumis à ce plafond de 10 000 euros. Cela signifie que si vous bénéficiez d'une réduction de 6 000 euros chaque année grâce à une location en Pinel, alors les avantages fiscaux possibles via les autres dispositifs sont limités à 4 000 euros. A savoir : ce plafond de référence englobe aussi les réductions et crédits d'impôt liées à la « vie quotidienne » : crédits pour garde d'enfant, pour l'emploi à domicile, etc.

Le plafond spécifique de 18 000 euros. Certains dispositifs sortent du cadre du plafonnement global. Ainsi, un contribuable ayant optimisé ses investissements soumis au plafond de 10 000 euros peut encore économiser 8 000 euros d'impôt supplémentaire. Les dispositifs permettant de profiter de ce plafond spécifique de 18 000 euros sont : les FIP et les FCPI en Outre-mer, ou encore l'investissement dans le cinéma et l'industrie audiovisuelle via les Sofica. Auparavant, l'investissement immobilier Pinel permettait aussi d'en bénéficier.

Lire aussi : Quel dispositif de défiscalisation pour quelle réduction d'impôt ?

Les actualités Défiscalisation

Comment réduire ses impôts en faisant des dons ?

Faire un don à une association ou à un organisme d'intérêt général permet également de réduire son impôt sur le revenu, sans avoir à réaliser de placement financier. En règle générale, les dons effectués au profit d'organismes éligibles ouvrent droit à une réduction d'impôt de 66 % des sommes versées, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Ainsi, un don de 100 euros permet de réduire son impôt de 66 euros.

L'avantage fiscal est encore plus important pour les dons aux organismes venant en aide aux personnes en difficulté, notamment en leur fournissant gratuitement des repas, des soins ou un logement, ainsi qu'aux organismes accompagnant les victimes de violences domestiques. Ces dons ouvrent droit à une réduction d'impôt de 75 %, dans la limite d'un plafond spécifique.

Nouveauté de la loi de finances pour 2026 : ce plafond a été doublé, passant de 1 000 à 2 000 euros de dons par an, pour les versements effectués depuis le 14 octobre 2025. Un contribuable peut ainsi bénéficier d'une réduction d'impôt pouvant atteindre 1 500 euros. Au-delà de ce plafond, les sommes versées ouvrent droit à la réduction classique de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable.

Contrairement à de nombreux dispositifs de défiscalisation, les réductions d'impôt pour dons ne sont pas soumises au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros. Attention toutefois : il s'agit d'une réduction d'impôt et non d'un crédit d'impôt. Un contribuable non imposable ne peut donc pas en bénéficier sous forme de remboursement.

Comment défiscaliser dans l'immobilier locatif ?

Les dispositifs fiscaux d'incitation à l'investissement locatif, longtemps organisés autour du « Pinel », ont été largement réorganisés lors du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Un nouveau dispositif, le « Jeanbrun », est désormais censé porter l'investissement locatif.

Les dispositifs disparus récemment continuent toutefois d'avoir des effets sur la fiscalité des propriétaires bailleurs, pendant une dizaine d'années. Tour d'horizon des dispositifs actuels et récents.

Le dispositif Jeanbrun a été créé par la loi de finances pour 2026, en vigueur depuis le 20 février 2026. Il s'applique jusqu'en 2028. Ce dispositif portant le nom du ministre chargé du Logement à l'époque, Vincent Jeanbrun, crée un nouveau régime du bailleur privé. Il permet au contribuable s'engageant à mettre à la location un bien immobilier d'habitation collectif pour une durée d'au moins 9 ans, de bénéficier d'un amortissement sur son investissement, déductible des revenus fonciers et susceptible de générer un déficit. Ce dispositif sera donc particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.

Le dispositif Jeanbrun en détails

Le dispositif Pinel, successeur du Duflot ou du Scellier, permettait de bénéficier d'une réduction d'impôt correspondant à 9%, 12% ou 14% du montant de l'acquisition, nécessairement dans le neuf ou assimilé, la réduction d'impôt étant alorsétalée dans le temps, sur 6, 9 ou 12 ans. Mais ce dispositif a pris fin en décembre 2024.

Fin du Pinel, quel dispositif de défiscalisation immobilière reste-t-il pour les particuliers ?

Le dispositif Denormandie est l'équivalent du Pinel pour les logements anciens. L'éligibilité au Denormandie dépend de l'importance des travaux de rénovation prévus dès l'achat : 25% du coût total de l'acquisition doit être consacré aux travaux. La réduction d'impôt est équivalente au Pinel, tout comme les durées d'engagement de location.

La location meublée. La mise en location d'un logement meublé ne génère pas de revenus fonciers, à la différence de la location d'un logement nu : le loueur déclare ses revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou micro-BIC, et ce avec un statut de loueur professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP). L'unique dispositif de défiscalisation dans cette catégorie de location était le « Censi-Bouvard », qui s'est arrêté au 31 décembre 2022. Cet avantage fiscal concernait les biens neufs ou de plus de 15 ans ayant fait l'objet d'une réhabilitation, et uniquement s'il s'agit d'établissements spécifiques : résidences pour personnes âgées ou adultes handicapés, résidences services pour étudiants ou établissements de soins de longue durée. La réduction était de 11% du coût de l'acquisition, et l'avantage s'étalait sur 9 ans.

La réduction Loc'Avantages. Depuis le 1er janvier 2022, les propriétaires bailleurs qui s'engagent à louer un bien non meublé pendant au moins 6 ans peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt, sous réserve que le loyer soit inférieur aux loyers du marché local et que les revenus du locataire soient inférieurs à un certain plafond. Plus le loyer est faible, plus le taux de réduction est important. Celui-ci peut aller de 15% à 35%. En cas d'intermédiation locative (c'est-à-dire avec l'intervention d'une agence immobilière sociale ou d'une association agréée), les taux peuvent grimper de 20% à 65%. Cette réduction vient remplacer le dispositif Louer Abordable, qui était applicable jusqu'en février 2022.

Des dispositifs de « niche ». Les dispositifs Malraux, « Monuments historiques », voire le « Girardin logement social » s'adressent à une plus faible part de contribuables, puisqu'ils concernent des biens rares. Les deux premiers ne sont pas soumis au plafonnement des niches fiscales, le troisième est soumis au plafond spécifique de 18 000 euros. La loi Malraux est une aide fiscale aux opérations de restauration immobilière dans certaines zones urbaines historiques (sites patrimoniaux remarquables) : la réduction d'impôt grimpe à 22% ou 30% des dépenses de travaux (supervisés par un architecte des Bâtiments de France). La réduction sur un an peut ainsi atteindre 22 000 ou 30 000 euros puisque les travaux retenus sont limités à 100 000 euros. Le propriétaire doit s'engager à louer pendant 9 ans. Le dispositif « Monuments historiques » est encore plus avantageux, fiscalement parlant, mais il s'adresse évidemment à des contribuables ayant les moyens de porter une opération immobilière ambitieuse : vous investissez dans un immeuble classé au titre des monuments historiques (ou inscrit à l'inventaire supplémentaire). Les travaux engagés pour la restauration ou réhabilitation peuvent être déduits à 100% du revenu imposable, sans aucune limitation. Enfin le « Girardin » englobe plusieurs dispositifs de défiscalisation outre-mer, dont le « Girardin logement social » qui incite les contribuables à investir dans le logement social en outre-mer. A la clé : une réduction d'impôt variable (jusqu'à 50% de l'investissement dans certains cas), à condition de respecter les plafonds de loyer et de ressources des locataires, et de louer le bien non meublé pendant 5 ans minimum.

Déficit foncier. Le principe du déficit foncier est de réduire votre impôt sur le revenu en y imputant le coût de travaux d'entretien sur un logement locatif. Si, une année, le cumul de vos charges locatives et le coût de travaux d'entretien dépasse le montant de vos revenus fonciers, vous êtes en situation de déficit foncier. Le montant du déficit est déductible de votre revenu imposable global, dans la limite de 10 700 euros par an. La fraction du déficit qui dépasse le plafond d'imputation sur le revenu global, ou qui résulte des intérêts d'emprunt, peut être reportée sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Les SCPI « fiscales ». Certaines SCPI sont investies spécifiquement dans des biens éligibles aux dispositifs ci-dessus, afin de permettre aux investisseurs de bénéficier de réductions Malraux ou encore de générer un déficit foncier. La disparition du dispositif Pinel rend toutefois la famille des SCPI fiscales bien plus restreinte.

Ce qu'il faut savoir avant d'investir dans l'immobilier locatif

Pour approfondir

Dispositif Jeanbrun : comment investir dans le locatif privé en 2026Denormandie : la défiscalisation dans l'immobilier ancienCensi-Bouvard (investissement locatif) : conditions et fiscalitéFiscalité des revenus fonciers : quels impôts en 2026 ?Déficit foncier : définition, imputation et calcul

Comment réduire votre revenu imposable avec votre épargne ?

Vous pouvez réduire, chaque année ou plus ponctuellement, votre revenu imposable en épargnant pour la retraite. Le plan épargne retraite (PER) et tous les produits d'épargne retraite existants avant l'entrée en vigueur du PER (Madelin, Perp...) permettent aux contribuables cherchant à réduire leur revenu imposable de déduire ce qu'ils versent sur les placements d'épargne retraite. La déduction fiscale concerne les versements effectués volontairement par un contribuable sur un PER collectif ou sur un PER individuel.

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER à partir de 70 ans ne sont toutefois plus déductibles du revenu imposable. Cette restriction a été introduite par la loi de finances pour 2026.

La fiscalité du PER

Le montant des versements ainsi déductibles est plafonné à 10% de vos revenus d'activité, avec un maximum de 37 680 euros à déclarer pour la déclaration de revenus 2026 (88 911 euros pour les TNS). Un plafond minimal de 4 710 euros est également prévu. Le plafond non utilisé peut être reporté d'une année sur l'autre (plafond cumulable au maximum sur 5 ans, et ce depuis la loi de finances pour 2026).

La déduction des versements sur un PER n'entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros.

Autre nouveauté de la loi de finances pour 2026 : le délai de report des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq ans. Cette extension concerne les plafonds acquis à compter de 2026. Ceux des années 2024 et 2025 restent soumis à l'ancien délai de trois ans.

Attention toutefois : l'avantage fiscal à l'entrée a une contrepartie. Les sommes déduites du revenu imposable sont en principe soumises à l'impôt lors de leur récupération à la retraite, selon les modalités de sortie du PER. L'intérêt fiscal du dispositif dépend donc également du niveau d'imposition de l'épargnant au moment du retrait.

Le PER individuel s'adresse en priorité aux épargnants disposant de revenus confortables, figurant dans les tranches hautes du barème de l'impôt sur le revenu (30%, 41% et 45%). Le gain fiscal dépend en effet de la tranche marginale d'imposition dans laquelle figure votre foyer.

Exemple, pour un célibataire, âgé de 50 ans, avec 50 000 euros de revenus imposables en 2025, figurant dans la tranche à 30%. S'il verse 3 000 euros sur un PER, il économise 900 euros d'impôt (soit 30% de son versement) puisqu'il abaisse ses revenus imposables de 3 000 euros. Le gain fiscal est bien moindre pour un contribuable figurant dans la tranche à 11% : 330 euros pour un même versement de 3 000 euros. Et le gain est bien supérieur dans la tranche à 45% : 1 350 euros de gain potentiel avec ce même versement de 3 000 euros.

Comment défiscaliser en investissant dans les entreprises ?

IR-PME. Ce dispositif, aussi appelé « réduction d'impôt Madelin », incite les contribuables à investir dans le capital des petites et moyennes entreprises (PME), en contrepartie d'un avantage fiscal. Pour les PME classiques, la réduction d'impôt est égale à 18 % du montant investi, sous réserve de respecter les conditions d'éligibilité.

Ce taux avait été exceptionnellement porté à 25 % de 2020 à 2023. Il a ensuite été reconduit pour les investissements réalisés dans les entreprises solidaires d'utilité sociale (ESUS), jusqu'au 31 décembre 2027. Cette prolongation a été validée par la Commission européenne et confirmée par un décret du 20 octobre 2026, entré en vigueur le 22 octobre.

Le dispositif a également été étendu aux sociétés foncières dédiées à la préservation et à la valorisation du patrimoine historique ainsi que des parcs et jardins protégés, pour les versements effectués à compter du 28 septembre 2025.

Pour qu'une PME soit éligible, elle doit notamment avoir son siège dans un État de l'Espace économique européen répondant aux conditions légales, être non cotée et satisfaire à des critères d'âge, de taille et d'activité. Les investissements réalisés par le biais du crowdfunding en fonds propres (crowdequity) peuvent également ouvrir droit à la réduction d'impôt.

Les versements sont retenus dans la limite annuelle de 50 000 euros pour une personne seule et de 100 000 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune.

Les FIP et FCPI. Les fonds d'investissement de proximité (FIP) et les fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI) permettent d'investir indirectement dans des PME. Mais leurs avantages fiscaux ont été considérablement restreints ces dernières années.

Depuis le 16 février 2025, seuls les FIP investis en Corse ou en outre-mer ouvrent encore droit à une réduction d'impôt, au taux de 30 %. Les FIP investis en métropole ont perdu cet avantage fiscal avec la loi de finances pour 2026.

Même évolution pour les FCPI classiques : la loi de finances pour 2026 a supprimé leur réduction d'impôt pour les souscriptions réalisées à compter du 21 février 2026. Auparavant, certains de ces fonds permettaient de bénéficier d'une réduction de 25 %. Désormais, seuls les FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes (JEI) restent éligibles à un avantage fiscal, au taux de 30 %, sous conditions.

Les jeunes entreprises innovantes (JEI). Le dispositif IR-PME comporte également un volet spécifique destiné à soutenir l'innovation. Les contribuables qui investissent directement au capital de jeunes entreprises innovantes peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt de 30 %, avec des plafonds de versements plus élevés que ceux de l'IR-PME classique.

La loi de finances pour 2026 a par ailleurs créé une nouvelle catégorie, les jeunes entreprises innovantes à impact (JEII), afin de soutenir les entreprises menant des projets de recherche à forte utilité sociale ou environnementale. Les investissements directs dans ces entreprises ouvrent droit à une réduction d'impôt renforcée de 40 %, pour les versements réalisés du 21 février 2026 au 31 décembre 2028, sous réserve de respecter les conditions prévues par la loi.

Des dispositifs de « niche ». Certains avantages fiscaux visent à encourager les investissements dans des secteurs bien spécifiques. C'est notamment le cas des Sofica, sociétés spécialisées dans le financement du cinéma et de l'audiovisuel, qui ouvrent droit à une réduction d'impôt de 30 %, 36 % ou 48 % du montant investi, selon leurs engagements.

Le « Girardin industriel » vise, quant à lui, à soutenir l'activité économique en outre-mer, en contrepartie d'une réduction d'impôt dont le montant varie selon les caractéristiques de l'opération. Le « Girardin logement social » repose sur un principe similaire, mais concerne le financement de logements sociaux dans les territoires ultramarins.

Il est également possible de réduire ses impôts en investissant dans les forêts, directement par l'achat de parcelles ou indirectement par l'acquisition de parts de groupements forestiers ou de sociétés d'épargne forestière. Ces investissements ouvrent droit, sous conditions, à un crédit d'impôt de 25 % du montant de l'acquisition, dans la limite de 6 250 euros de dépenses pour une personne seule et de 12 500 euros pour un couple soumis à imposition commune. Jusqu'en 2022, cet avantage prenait la forme d'une réduction d'impôt de 18 %, avec un plafond de dépenses de 5 700 euros pour une personne seule.

En contrepartie, les investisseurs doivent respecter des engagements de conservation et de gestion durable : 15 ans pour les terrains acquis directement, contre une durée pouvant aller jusqu'à 8 ans pour les parts de groupements forestiers ou de sociétés d'épargne forestière. L'investissement forestier permet de bénéficier de plusieurs avantages fiscaux en parallèle, conditionnés à une couverture d'assurance, à la réalisation de travaux forestiers...

Pour approfondir

Fonds d'Investissement de Proximité (FIP) : fonctionnement et défiscalisationFCPI : comment défiscaliser via le fonds commun de placement dans l'innovationSofica : réduire son impôt sur le revenu en finançant le cinémaLoi Girardin (investissement en outre-mer) : conditions et défiscalisation

Un investissement rentable ? Attention aux pièges de la défiscalisation

Être conscient des risques. Les dispositifs de défiscalisation servent à inciter les contribuables à prendre des risques, ou à miser sur des secteurs oubliés. Investir dans les PME, en outre-mer, dans le cinéma ou encore dans les monuments historiques ne vous garantit donc pas de retrouver votre mise. Pour certains placements de défiscalisation, la rentabilité du placement repose exclusivement sur le gain fiscal puisque le gain financier (hors impôt) est très hypothétique.

Un placement sur plusieurs années. L’investissement immobilier en Pinel ou encore dans les FIP ou FCPI nécessitent d’immobiliser l’argent investi sur plusieurs années. Il est donc déconseillé d’investir de l’argent dont vous pourriez avoir besoin à court ou moyen terme.

Attention aux frais. Certains « fonds fiscaux » font l’objet de frais de gestion élevés, qui peuvent peser fortement sur la rentabilité du placement.

Veiller à la qualité de l’investissement. Le fait de profiter d’un avantage fiscal ne doit pas vous aveugler quant à la qualité de l’investissement. Par exemple, quand un programme immobilier neuf est éligible au Pinel, il faut tout de même s’assurer que le marché locatif local est porteur avant d’investir.

Lire aussi : Défiscalisation : 5 erreurs à ne pas commettre

Questions fréquentes

Quels sont les principaux dispositifs de défiscalisation en 2026 ?

Plusieurs dispositifs permettent de réduire son impôt sur le revenu. Parmi les principaux figurent le plan d'épargne retraite (PER), les investissements immobiliers Jeanbrun et Denormandie, les réductions d'impôt pour investissement dans les PME et les jeunes entreprises innovantes (JEI), les SOFICA ou encore les dons aux associations. Le choix dépend notamment de votre niveau d'imposition, de votre capacité d'épargne et des risques que vous êtes prêt à prendre.

Quelle est la différence entre une déduction, une réduction et un crédit d'impôt ?

La déduction diminue votre revenu imposable et réduit indirectement l'impôt. La réduction d'impôt diminue directement le montant de l'impôt à payer. Le crédit d'impôt est le seul mécanisme qui profite à tous : les ménages non imposables peuvent même recevoir un versement du fisc.

Environ 5,15 millions de ménages bénéficient par exemple du crédit d'impôt emploi à domicile en 2025.

Peut-on défiscaliser sans investir dans l'immobilier ?

Oui. Il est possible de réduire ses impôts en effectuant des versements sur un PER, en investissant dans des PME ou des fonds spécialisés, ou encore en réalisant des dons aux associations. Certaines dépenses du quotidien, comme l'emploi d'un salarié à domicile ou les frais de garde de jeunes enfants, ouvrent également droit à des crédits d'impôt.

Comment défiscaliser avec l'immobilier locatif en 2026 ?

Le dispositif Jeanbrun, créé par la loi de finances pour 2026 et applicable jusqu'en 2028, permet d'amortir son investissement dans un logement collectif loué au moins 9 ans, avec un amortissement déductible des revenus fonciers. Il est particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.

D'autres options existent : le Denormandie dans l'ancien avec travaux (25 % du coût total), Loc'Avantages (réduction de 15 % à 65 % selon le niveau de loyer et l'intermédiation locative), la loi Malraux ou le déficit foncier. Retrouvez l'ensemble des solutions dans notre guide sur l'investissement locatif.

Peut-on cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation ?

Oui. Il est possible de cumuler plusieurs avantages fiscaux, par exemple une déduction liée à un PER, une réduction pour dons aux associations et un crédit d'impôt pour l'emploi à domicile. Il faut toutefois tenir compte du plafonnement global des niches fiscales et des éventuelles règles de non-cumul propres à certains dispositifs.

Comment réduire ses impôts sans prendre de risque financier important ?

Les dons aux associations permettent d'obtenir une réduction d'impôt sans s'exposer aux fluctuations des marchés financiers, même s'ils représentent une dépense définitive. Les crédits d'impôt pour l'emploi à domicile ou la garde d'enfants constituent également des solutions pour alléger la facture fiscale, sous réserve de remplir les conditions requises.

Benoît LETY
Benoît LETY

Benoît LETY suit principalement les thématiques impôt, retraite, salaire, aides sociales et épluche chaque semaine les questions de lecteurs. Tout... Lire la suite

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